Longtemps perçue comme l’ogre du rugby européen, l’Irlande change de cap avant d’affronter la France. Moins attendue que d’habitude, la sélection irlandaise arrive à Paris avec une détermination nouvelle et un statut renouvelé, pouvant créer la surprise face aux hommes de Fabien Galthié.
Un vent de renouveau souffle sur le rugby irlandais. Pour la première fois depuis des années, le XV du Trèfle n’aborde pas le Tournoi des 6 Nations en favori incontesté. Entre une génération jugée vieillissante et des difficultés récentes du Leinster, les observateurs parlent de fin de cycle. Mais Andy Farrell, le sélectionneur, voit dans cette moindre pression une véritable force.
Avant un stage intensif au Portugal, il a affirmé avec force : « Nous étions les proies, nous sommes maintenant les chasseurs. »
Face aux critiques évoquant un déclin de son équipe, Farrell reste impassible et focalisé sur l’objectif du 5 février au Stade de France : « Je comprends pourquoi les gens ont cette opinion, mais cela ne nous concerne pas vraiment. Tout ce qui compte, c’est la façon avec laquelle on va mener notre projet, notre préparation pour, espérons-le, débuter le Tournoi sur les chapeaux de roue à Paris. »
Un statut d’outsider que certains joueurs, à l’image du talonneur Dan Sheehan, acceptent pleinement. Mais le sélectionneur refuse que l’Irlande se cherche des excuses. « Nous ne voulons pas avoir peur d’être les favoris d’une compétition. Pourquoi ne voudrions-nous pas l’être ? Le plan est clair : donner le meilleur de nous-mêmes, comme chaque année. Nous le savons, il y a toujours des différences d’un Tournoi à l’autre, notamment à cause des départs à la retraite, des baisses de forme, des blessures, etc. »
Côté effectif, les nouvelles sont encourageantes. Le pilier Finlay Bealham est de retour, tandis que la star Tadhg Furlong progresse favorablement. L’arrière Hugo Keenan, très attendu, n’a pas encore joué cette saison mais pourrait faire son retour pour l’ouverture du Tournoi.
Malgré une infirmerie souvent bien remplie, Farrell estime que ces obstacles peuvent renforcer le groupe : « Parfois, on s’attend à un nombre de blessés tout à fait normal, et il est parfois plus élevé que d’habitude, ce qui modifie quelque peu la dynamique du groupe. Mais toutes ces expériences nous seront utiles, j’en suis convaincu. »
La France est donc prévenue : l’Irlande est toujours la plus redoutable quand on commence à douter d’elle. Le choc s’annonce déjà épique.







