L’annonce a frappé comme un coup de tonnerre dans le monde du rugby ce mercredi : Uini Atonio, pilier droit emblématique du XV de France et du Stade Rochelais, met un terme définitif à sa carrière à seulement 35 ans.
Hospitalisé en soins intensifs dans un état stable après un accident cardiaque survenu mardi, ce colosse laisse derrière lui un vide immense. Il confiait encore récemment son bonheur de jouer au plus haut niveau.
**Un destin brisé en pleine forme**
Alors qu’il s’apprêtait à défier l’Irlande, Atonio semblait défier le temps, animé par une passion intacte depuis ses débuts. « Dans ma tête, j’ai l’impression d’avoir 21 ans », expliquait-il avec cette sincérité qui le caractérise. « Je sais bien que ce n’est pas le cas de mon corps mais je me réveille chaque matin en me disant que je fais le plus beau métier du monde. Quoi de mieux que de se lever pour aller jouer au ballon ? »
**L’hommage au « Phare » de La Rochelle**
Pour Jean-Pierre Elissalde, figure historique du club, Uini Atonio était bien plus qu’un joueur de 145 kg. « C’est un phare, qui éclaire mais qui n’éblouit pas », résume-t-il avec émotion dans les colonnes du *Parisien*. « Ce qui est le plus marquant chez Uini, c’est sa bonhommie. C’est quelqu’un d’avenant qui a toujours le sourire. Pour lui, le sport, c’est sérieux mais ce n’est pas grave. Il ne s’est jamais pris la tête pour le rugby. »
**La famille, moteur de sa longévité**
Arrivé en Charente-Maritime en 2011, le natif de Nouvelle-Zélande avait bâti un équilibre solide qu’il plaçait au-dessus de tout. « Je me sens bien ici », soulignait-il. « Nous formons un cocon avec ma femme, mon fils de 9 ans et ma fille de 5 ans. Je joue pour eux désormais et il n’y a pas de plus grande fierté. C’est ça qui explique ma longévité. J’ai envie de continuer parce que je suis heureux comme ça. »
**Un après-rugby déjà anticipé**
Si la fin brutale de sa carrière ne faisait pas partie de ses plans, Uini Atonio préparait sa reconversion depuis plusieurs années. « La période du Covid m’a fait réfléchir », commentait-il. « Cela m’a fait prendre conscience que le rugby ne serait pas éternel. J’ai ouvert un restaurant à La Rochelle, j’ai lancé une marque de bière à mon nom et dernièrement j’ai commencé à passer mes diplômes d’entraîneur. Je sais que je n’aurai pas tout à fait le même style de vie quand ma carrière s’arrêtera mais je veux que ça s’en rapproche le plus possible. »
**Un dernier plaisir avec la génération Dupont**
Fort de ses 68 sélections, Atonio restait admiratif du talent qui l’entourait chez les Bleus, savourant chaque instant à Marcoussis. « Quel bonheur de jouer avec des Dupont ou Bielle-Biarrey », confiait-il la semaine dernière. « C’est pour ça aussi que je veux me donner à fond et aller le plus loin possible. On verra bien. Je sais que l’on n’a pas tous la chance de choisir notre sortie. » Le destin lui a finalement imposé la sienne, laissant le rugby français orphelin de son sourire le plus contagieux.







