Montauban au pied du mur dans la course au maintien en Top 14
Montauban s’enfonce en bas du classement du Top 14 après sa défaite face à l’USAP. Les Montalbanais occupent désormais la dernière place, à sept points du premier non-relégable, Perpignan. Le maintien en Top 14 s’annonce comme un véritable défi, voire un miracle.
Interrogé par Midi Olympique, le pilier gauche de Montauban, Thomas Bué, dresse un bilan lucide de la situation. « Si on veut se maintenir, il va falloir qu’on gagne beaucoup de matchs. On ne va pas se mentir, ça va être compliqué. Il y a un écart de sept points avec Perpignan. Il va falloir jouer décomplexé et mettre en place notre rugby. On a quand même un bon groupe malgré tout. Même si, rugbystiquement parlant, on joue peut-être moins que certaines équipes, on peut se rattraper sur l’état d’esprit. »
Le joueur insiste sur l’importance de redonner de la joie aux supporters du stade Sapiac : « On a envie d’essayer d’offrir à notre public une victoire à Sapiac, parce qu’ils le méritent. J’ai envie qu’on se batte jusqu’au bout pour aller chercher un maintien, qui est peut-être inespéré pour certains mais il faut que ça reste dans nos têtes, sinon la saison va être longue. »
Thomas Bué admet que la pression était palpable lors du dernier match contre Perpignan, un rendez-vous crucial pour la suite de la saison. « Sur un match comme celui de Perpignan, oui, on avait la pression parce qu’on savait que ce match-là allait être déterminant pour la suite. Mais je pense que sur les autres matchs, justement, on ne l’a pas tant que ça. Je ne sais pas ce qui est dans la tête des mecs mais on pense peut-être trop souvent qu’on n’est pas au niveau. Franchement, c’est dur de perdre tout le temps. »
Malgré la spirale négative, il reste convaincu des capacités de son équipe à produire de bonnes performances : « C’est difficile de l’expliquer mais je trouve que quand on est tous sur la même page et qu’on applique ce qu’on se dit la semaine, on arrive à sortir un bon contenu. Je pense au match de Lyon où on perd alors qu’on avait moyen de gagner. Pareil pour le match face à Montpellier. Le problème, c’est cette spirale négative. Quand on enchaîne les défaites, c’est plus difficile d’aborder les matchs… Ce n’est pas qu’on a peur de gagner mais il y a peut-être comme un syndrome de l’imposteur qui est nourri par le négatif. »
Le pilier tente aussi de relativiser la défaite à Perpignan : « On a perdu à Perpignan mais la vie ne s’arrête pas là, la saison ne s’arrête pas là. Dans tous les cas, on a quoi de mieux à faire que d’essayer d’aller chercher quelques victoires ? J’ai la sensation que contre Perpignan les choses se sont améliorées. Je crois qu’en tant qu’avant, c’est aussi important d’avoir un peu d’ego et de savoir se rattraper. Aujourd’hui, en Top 14, on parle beaucoup de la ligne de trois quarts de Toulouse ou Bordeaux mais si le boulot n’est pas fait devant, c’est compliqué pour les trois quarts de jouer. »
Enfin, Thomas Bué reconnaît que l’équipe n’était sans doute pas prête pour l’élite, mais qu’il reste personnellement déterminé : « Il est clair qu’on n’était pas forcément prêts pour monter. Je suis d’accord avec ça mais, à titre personnel, depuis tout petit, je veux jouer dans ce championnat. C’est mon objectif et je donne mon maximum mais je pense que collectivement il faut aussi qu’on arrive à se donner les moyens d’exister. Il faut qu’on laisse tout de côté, même si on se dit qu’on est un peu limité, il faut essayer d’aller chercher plus à titre individuel. Ça aurait pu nous aider sur certains matchs. C’est sûr qu’on n’a pas d’Antoine Dupont, on n’a pas tous ces mecs-là dans notre équipe, mais je pense que si on arrive à se rattraper sur le collectif, et que chacun d’entre nous va chercher un peu plus tous les jours, ça pourrait changer la donne. Quand on prend des 70, 80 points, il faut avoir un peu d’ego et faire parler la fierté personnelle. »
Avant d’affronter l’UBB, une équipe solide malgré quelques absences, il appelle à un changement d’état d’esprit : « C’est une grande équipe. Et, elle le reste même en ayant quelques joueurs à Marcoussis. Il faut encore une fois qu’on se concentre sur nous en appliquant ce qu’on s’est dit cette semaine. Que chacun joue son rôle et joue décomplexé. Et il faut qu’on continue à se dire pourquoi pas ? Si on n’est pas dans cet état d’esprit, on va prendre 50 points et ça n’a aucun intérêt. Il faut qu’on change d’état d’esprit, on n’a rien à perdre. »
Montauban n’a plus le choix : l’espoir passe par un sursaut collectif et une révolte d’orgueil pour sauver une saison qui semble, pour l’instant, vouée à la relégation.






