Alors que le rugby retient son souffle face à l’état de santé d’Uini Atonio, hospitalisé en soins intensifs, le parcours de ce colosse de 1,94 m suscite admiration et respect. Derrière sa carrure imposante se cache un homme en lutte constante avec son corps pour répondre aux exigences du sport de très haut niveau.
**Du « triple menu McDo » à la rigueur tricolore**
Arrivé à La Rochelle en 2011, le Néo-Zélandais a dû métamorphoser son physique pour devenir l’un des meilleurs piliers droits au monde. Passé de 156 kg à 144 kg au début de sa carrière internationale, Atonio confiait sans détour, selon *La Dépêche* :
« Avant, au McDo, je ne pouvais pas prendre qu’un menu, j’étais obligé d’en prendre trois ! Je travaille avec le diététicien de l’équipe de France. Il ne me dit pas : ‘Non, tu ne peux pas manger ça !’ Parce qu’au bout d’un moment, t’en as marre et tu manges 15 kilos de frites. Il me dit : ‘Mange comme d’habitude, mais un peu moins. Si t’as faim le soir, prends un fruit, pas un biscuit.’ »
Pour tenir onze ans en équipe de France, Atonio a appris à maîtriser son alimentation, troquant biscuits contre fruits, tout en restant fidèle à son authenticité :
« J’essaie de manger équilibré pendant dix jours, et le onzième je me fais plaisir. Mais je sais que le jour d’après, ça va être dur. C’est ça qui est chiant… »
**Une carrière d’exception brutalement interrompue**
L’accident cardiaque survenu ce mardi vient brutalement interrompre une carrière hors norme. Avec 362 matchs sous les couleurs rochelaises et 68 sélections en équipe de France, Atonio laisse derrière lui un palmarès exceptionnel :
– Double champion d’Europe (2022, 2023)
– Grand Chelem avec le XV de France (2022)
Son successeur pour le Tournoi des Six Nations, le Toulousain Georges-Henri Colombe, aura la lourde responsabilité de prendre la relève de ce joueur qui n’était pas seulement un pilier redoutable en mêlée, mais aussi le véritable moteur affectif du groupe tricolore.







