À 28 ans, Paul Graou s’impose désormais comme un pilier incontournable au sein du Stade Toulousain. Le demi de mêlée, longtemps cantonné au rôle de doublure d’Antoine Dupont, a su faire évoluer son statut pour devenir un leader affirmé, notamment en cette période délicate de doublons débutée face à Bayonne.
Arrivé en 2022, le Gersois a su tirer profit de l’exigence du club pour franchir un palier. « Moi, je m’éclate, comme toujours depuis que je suis ici », confie-t-il avec enthousiasme dans les colonnes de Midi Olympique. Malgré la concurrence féroce avec son ami d’enfance Dupont, il a su saisir chaque occasion pour grandir : « Quand j’ai décidé de m’engager pour ce club, mon objectif était de jouer, d’avoir la possibilité de participer à des gros matchs et de gagner des titres. C’est d’ailleurs généralement pour ça qu’on reste au Stade toulousain. »
Son apprentissage s’est fait avec constance, même lors d’entrées en jeu plus courtes. « Sur ces deux premières saisons, à chaque fois que j’ai pu entrer en jeu dans un grand rendez-vous, j’ai accumulé beaucoup d’expérience. Quel que soit le match, j’ai toujours eu quelque chose à prendre. Et, avec l’effectif qu’on a ici, on grandit tous les jours. J’ai senti, au fil des semaines et des saisons, que je progressais. Et c’est ce qui me plaît le plus dans ce club. »
Alors que plusieurs clubs de Top 14 le convoitaient pour un poste de titulaire, Graou a fait le choix de la fidélité et a prolongé son aventure à Toulouse. « Quand on joue numéro 9, et qu’on signe ou prolonge à Toulouse, on sait très bien qu’il y a Antoine Dupont au même poste. Mais je l’ai vu comme une chance et j’avais encore envie de croquer dedans. Je n’ai jamais regretté mon choix, encore moins en voyant la saison 2024-2025 que j’ai faite… »
La blessure de Dupont en mars 2025 a validé ce choix et la confiance du staff. « Le staff m’a fait confiance, et j’en suis content. Il ne s’est pas trompé. Je savais que la fin de saison allait être particulière, différente des précédentes où je n’avais pas le numéro 9 dans le dos. Le but, c’était que je remplace Antoine, et je voulais juste le suppléer au mieux. »
Le point culminant de sa saison restera le titre décroché après une finale épique. « Cette belle histoire s’est terminée par un titre et une finale historique. Forcément, ça restera gravé à jamais. Durant ces semaines-là, tout mon travail a payé, je me suis senti hyper bien. Quand je suis sur le terrain, j’ai à cœur de bien faire. Dans toutes les situations, j’essaie d’analyser, de prendre la bonne décision. Mais, avec l’expérience, on se rend compte parfois que, lorsqu’on laisse les choses se faire naturellement, ça déroule. Je pense qu’on avait bien bossé à l’entraînement pour gérer toutes les situations. Et il n’y a pas eu trop besoin de réfléchir. »
Face à l’enjeu, le demi de mêlée a su garder son sang-froid. « Dans ces matchs-là, il faut savoir être calme. Mais il y avait un tel niveau de préparation, j’avais confiance en moi. Sur cette finale, je n’ai pas douté, même quand il y avait énormément de pression. Pourtant, en revoyant le match à la télé, je me suis dit que c’était quand même tendu (rire). Au final, je suis resté très concentré sur les gestes que j’avais à réaliser. Je ne subissais pas l’événement et ça s’est plutôt bien passé. L’expérience a payé au meilleur des moments et, sur ce dernier match, j’étais plus dans une démarche de profiter de l’instant. »
Malgré ses performances, Paul Graou demeure humble face à la médiatisation. « Même si les attentes étaient décuplées autour de moi, je n’ai pas senti beaucoup plus d’exposition. Je pense qu’il y en a tellement de mecs qui prennent plus la lumière dans l’équipe, et ça me va très bien. Franchement, je n’ai pas remarqué une grande différence me concernant entre la période avant la blessure d’Antoine et le moment où j’ai porté ce numéro 9. Je le répète, à Toulouse, il y a d’autres stars bien plus médiatiques que moi (sourire). »
Non retenu pour le Tournoi des 6 Nations, Graou se concentre sur les objectifs du club avec sa philosophie de toujours : « Moi, j’ai toujours la banane. J’ai envie de profiter, de prendre du plaisir. »







