L’histoire d’amour entre Ugo Mola et le Stade Toulousain dépasse largement les terrains de rugby. Avant de devenir le manager le plus titré de l’ère moderne, Mola a en effet débuté sa carrière professionnelle sous une autre casquette, et sous la houlette d’un certain Didier Lacroix, aujourd’hui président du club.
Au début des années 90, alors qu’il intègre l’équipe première à seulement 17 ans, Ugo Mola quitte l’école sans savoir encore quelle voie choisir. À une époque où le rugby est encore amateur, c’est Didier Lacroix, son coéquipier, qui lui propose son premier emploi dans sa société de commercialisation des produits dérivés du club. Mola devient ainsi le « premier salarié » de celui qui deviendra son président.
Mais la collaboration n’a rien d’un long fleuve tranquille. Dans une interview au magazine Tampon, Mola se rappelle avec humour : « Moi, je suis incapable de vendre un stylo à un mec qui a besoin d’écrire. Didier, qui est un vendeur de premier ordre, il hallucine. Quand on fait des ventes ensemble, c’est lunaire : “Mais toi… Tu me capotes toutes les ventes !” J’étais un peu branleur. »
Malgré tout, l’ancien joueur, qui se décrit alors comme un « fêtard invétéré », finit par trouver sa méthode. Chargé de vendre des encarts publicitaires pour la revue Prestige, il s’appuie sur son réseau local, un terrain qu’il connaît bien. « Je partais avec mon cartable en ville vendre des encarts publicitaires. Comme j’étais pote avec tous les mecs des bars, j’ai eu le record pendant trois ou quatre années. C’était mon job. Quand tu le remets maintenant en perspective, on vivait dans un monde où en fait tout était cool », confie-t-il aujourd’hui avec légèreté.
Cette trajectoire atypique, mise en perspective avec la récente convocation de Mola devant la commission de discipline, témoigne d’un homme qui a toujours fonctionné à l’instinct et au caractère, des qualités qui ont façonné son parcours autant que ses succès.







