Sébastien Tillous-Borde, manager de Montauban, refuse d’abandonner malgré la menace de relégation en Pro D2. Avant d’affronter l’Union Bordeaux-Bègles ce week-end, il a réaffirmé avec conviction son espoir de maintien lors d’une interview accordée au Figaro.
« Oui, bien sûr. Il reste 11 matchs et 55 points à prendre. On n’en a pris que sept jusque-là. Mathématiquement, on n’est pas morts. Tant qu’il y a une chance de se sauver, il faut tout faire pour y arriver et aller chercher ce maintien. Ça passera par une victoire samedi, à la maison, et sur les autres matchs à domicile. On reçoit six fois, on se déplace cinq fois. Notre calendrier est quand même favorable. Bien sûr que j’ai envie qu’on se maintienne, et surtout que ce groupe prenne conscience qu’il est capable de le faire. C’est leur histoire. Personne n’y croit, mais nous, on doit y croire. »
Face au scepticisme ambiant, le manager mise sur l’effet « seul contre tous » pour galvaniser ses joueurs : « Oui, parce que pas beaucoup de gens croyaient en nous avant, encore moins y croient aujourd’hui. Mais le coach et le staff y croient, c’est ça le plus important. La saison dernière, c’était une situation similaire, personne ne croyait en nous pour le titre (de champion de France de Pro D2), pourtant on est allés au bout. On est capables de faire de grandes choses. Je connais mes hommes. Maintenant, à nous tous d’aller au bout des choses. »
Toutefois, Tillous-Borde admet que le moral n’est pas uniforme dans le groupe : « Une partie des joueurs y croit à 200 %, une autre y croit moins… Ce n’est pas facile quand tu viens de Pro D2 et que tu montes en Top 14. Il faut être présent tous les week-ends, s’entraîner tous les jours. Le niveau d’exigence est différent. En Pro D2, la vie est plus simple, tu as plus de temps pour toi et ta famille. En Top 14, c’est un investissement constant, il faut être à 100 % tout le temps. Tous les joueurs n’étaient pas forcément habitués à ça. »
Le technicien appelle désormais à un électrochoc au sein du groupe : « On a besoin d’un électrochoc. (…) On a vécu un an et demi ensemble, on a été champions ensemble. Maintenant, on peut créer quelque chose d’incroyable : se maintenir. Si on décide tous ensemble de le faire, je sais qu’on en est capables. Il faut se demander ce qu’on veut laisser à ceux qui partent, à ceux qui arrêtent. Dans six mois, c’est fini. Cette équipe ne sera jamais plus la même. On ferme la page et il faut en prendre conscience. »
Sébastien Tillous-Borde reste lucide sur l’enjeu et la réalité du club : « On est prêt à être en Pro D2, prêt à évoluer en Top 14, ça ne change rien au projet. On est monté, si on descend ce serait logique, on n’était peut-être pas armés pour monter. Si on reste, c’est un exploit. Un deuxième exploit. »
Enfin, à l’approche du match contre l’UBB, il mise sur l’énergie collective et le soutien du public : « À chaque fois que l’on reçoit ces équipes, elles ont perdu chez elles la semaine d’avant (rires) ! L’UBB, c’est très costaud devant, ils ne sont pas champions d’Europe en titre pour rien. Il n’y a pas beaucoup à réfléchir, on va simplement faire un grand match de rugby devant nos supporters pour espérer gagner. (…) Y croire, moi j’y crois, mais ce n’est pas suffisant. Je fais en sorte que ça se matérialise. »







