L’ancien sélectionneur du XV de France, Guy Novès, s’est livré sans détour dans les colonnes de Midi Libre. Dans un entretien riche en confidences, le technicien revient sur son passage à la tête des Bleus, marqué par des regrets profonds.
« J’ai passé la première année dans de très bonnes conditions. La seconde, non. Il est dommage qu’on n’ait pas eu le temps de faire nos quatre ans, surtout quand on voyait les joueurs de talent qui débarquaient », déplore Novès, évoquant le manque de patience des dirigeants de la Fédération Française de Rugby à son égard.
L’ancien coach toulousain insiste sur son désir de poursuivre son travail : « Ce serait facile de vous dire que c’est du gâchis. Je n’ai pas terminé ma carrière comme j’aurais aimé. Ça aurait été intéressant de me laisser tranquille faire mon travail comme je l’ai fait au Stade Toulousain pendant tout ce temps. »
Malgré les difficultés rencontrées, il souligne également les progrès accomplis durant son mandat : « En équipe de France, on a eu cette période où il a fallu se remonter les manches, on a commencé à apporter certains lièvres comme Antoine Dupont ou Anthony Jelonch. J’aurais aimé travailler les deux années supplémentaires pour atteindre le plus haut niveau. »
Face à l’amertume persistante, Novès confesse que la blessure reste vive : « Si la plaie est encore ouverte ? Oui, bien sûr, c’est une période noire de ma vie, c’est évident. »
Il garde néanmoins en mémoire des moments forts et inspirants : « Des souvenirs, j’en ai 3000. Sur le plan du jeu, je me souviens d’un match contre le pays de Galles qu’on gagne vingt minutes après le temps réglementaire (20-18, mars 2018). Il y a eu ce changement de pilier qui fait qu’on a fini par gagner. Ce sont des bons souvenirs. Vraiment, on voyait que les Français étaient fiers de leur rugby et des joueurs qui faisaient partie de cette équipe de France. »
Quant à sa dernière année tumultueuse, il préfère ne pas s’y attarder : « Et après, il y a tous les mauvais que j’ai accumulés et sur lesquels je n’ai pas envie de revenir sur cette dernière année compliquée. »







