Battu à Castres malgré un point de bonus défensif, l’ASM Clermont repart du Tarn avec un goût amer.
En conférence de presse, le manager Christophe Urios n’a pas caché sa colère et sa profonde déception face à la prestation très en deçà de ses attentes.
Interrogé sur la valeur du point glané, il a été clair : « Je ne peux pas exprimer mon ressenti parce que je serais assez violent. Mais je veux dire que non, ça ne me satisfait pas. Et j’espère que ça ne satisfait personne. Alors oui, on a pris un point. Sur le plan comptable, c’est bien. Mais qu’est-ce qu’il s’est passé dans le match ? On n’était pas venu pour prendre un point. On était venu pour gagner un match. On n’a pas eu un bon comportement. En première mi-temps, nous sommes battus sur des choses aussi simples que le travail. On arrive à marquer cet essai sur un contre un peu miraculeusement et on tourne à la mi-temps à 11-10 en faveur de Castres, ce qui n’est pas du tout mérité. En deuxième mi-temps, on n’arrive plus à sortir de notre camp. On prend des essais sur des mêlées. Le mec (Jérémy Fernandez, N.D.L.R.), il est capable de passer à travers tout le monde. Je n’arrive pas à comprendre comment on prend cet essai. On a perdu, aussi, les quatre derniers lancers en touche du match… C’est un peu pénible. Je me suis fait ch… sur le match. On n’a pas produit le match que l’on avait préparé. Donc après, si les joueurs sont satisfaits de prendre un point, tant mieux pour eux. Mais en tout cas, moi ça ne me va pas. »
Sur le visage affiché par ses joueurs, Urios a avoué ne pas reconnaître son équipe : « C’est évident, surtout la première mi-temps. On est battu physiquement, on est battu dans les collisions. Je leur avais dit que si on ne gagnait pas les collisions, on ne gagnerait pas à Castres. Je connais un peu le club. Je sais comment ça se passe. L’équipe a subi tout le temps. Avec des déplacements lents. Et puis les ballons qu’on pouvait jouer, on ne les a pas joués. On a joué uniquement au pied. Sur des ballons qui étaient lents. On était battus sur le travail. On n’a pas pris un ballon de volée. On n’a pas fait un bon match. Je suis très déçu. Très déçu du comportement de l’équipe. Je ne m’attendais pas à ça. »
Concernant une éventuelle fatigue physique en fin de bloc, le manager auvergnat a coupé court aux excuses : « Arrêtez avec ces bêtises… La semaine dernière, il n’y a quasiment pas un joueur qui a joué. On a fait très peu de semaines d’entraînement. À Noël, on a fait un jour d’entraînement. Je veux bien qu’il y ait de la pression mentale par rapport à la compétition. Mais aujourd’hui, on n’était pas mobilisés pour faire le match qu’on avait envie de faire. Est-ce que c’est parce que c’est physique ? Je nous ai trouvés faibles dans l’agressivité, faibles physiquement, ou en tous cas hétérogènes avec des joueurs qui étaient là et d’autres qui étaient moins là ! Nous ne sommes pas capables, collectivement, d’enchaîner un bon match à la maison avec un autre à l’extérieur. C’est toujours un coup vers le bas, un coup vers le haut. C’est décevant. Franchement, je suis déçu. Pour le moment, le bonus défensif ne m’apporte rien. S’il compte à la fin, c’est bien. »
Ce point de bonus permet certes à Clermont de rester dans la course au top 6, mais la prestation à Castres suscite de nombreuses inquiétudes.
Alors que la reprise s’annonce après la trêve internationale, Christophe Urios attend désormais une réaction collective d’envergure pour éviter la répétition d’un tel « non-match ».






