Il ne faut jamais sous-estimer le parfum de Sapiac. Ce week-end de doublons, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) a frôlé la chute face à une lanterne rouge montalbanaise décomplexée.
Malmenés, sans idées et longtemps méconnaissables, les Girondins ont dû attendre l’entrée de leurs internationaux pour inverser la tendance et arracher, sur le fil, un bonus offensif (16-31) qui tient presque du miracle au regard de la physionomie du premier acte.
Privée de ses cadres habituels, l’UBB a semblé perdue sur la pelouse de Sapiac. Incapables d’enchaîner les temps de jeu, les hommes de Yannick Bru ont subi la loi des locaux pendant près de cinquante minutes, affichant un visage fébrile qui a visiblement exaspéré leur manager.
Yannick Bru pointe du doigt une défaillance mentale flagrante lors de la première période : « C’était presque trop gros pour être vrai. En première mi-temps, on n’arrivait pas à faire trois temps de jeu d’affilée. J’ai vu une équipe timorée. Ce n’est pas normal de voir ça, cela montre que le problème était dans la tête. »
Le tournant du match porte un nom : Romain Buros. Libéré par le XV de France en milieu de semaine, l’arrière international, initialement remplaçant, a transformé le visage de son équipe dès son entrée à la mi-temps. Son essai à la 50e minute a sonné la fin de la récréation pour Montauban.
Le manager girondin souligne l’importance du vécu collectif apporté par ses joueurs d’expérience pour stabiliser le groupe : « Il nous manquait du leadership, du vécu collectif. Nous avons fait rentrer Romain pour amener une forme de sérénité dans le fond du terrain. Force est de constater qu’il l’a très bien fait. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas fait une entrée comme ça. »
Dans le sillage de Buros, les piliers de l’équipe – Ben Tameifuna, Cameron Woki ou Jefferson Poirot – ont élevé leur niveau. C’est d’ailleurs Poirot, l’ancien capitaine, qui a scellé le bonus offensif dans les dernières minutes. Mention spéciale également à Temo Matiu, dont l’abattage physique a achevé d’user la défense montalbanaise.
Yannick Bru se réjouit de l’implication totale de ses cadres, libérés par Marcoussis, jugée indispensable pour traverser cette période délicate de doublons : « Ces joueurs-là (ceux arrivés en fin de semaine), c’est une réelle satisfaction de les voir basculer aussi vite pour aider l’équipe. C’est une nécessité de les avoir à ce niveau. On joue gros dans ces périodes-là. »
Grâce à ce regain de fierté de ses cadres, l’UBB repart du Tarn-et-Garonne avec cinq points précieux, effaçant le revers subi face au Stade Français. La marche avant est enclenchée, mais l’avertissement a été reçu cinq sur cinq.







