Malgré un lourd héritage financier laissé par la Coupe du monde 2023, la Fédération Française de Rugby (FFR) amorce un redressement prometteur. Sous la direction de Florian Grill, l’instance mise désormais sur la rigueur budgétaire et les grands rendez-vous sportifs de 2026 pour rétablir ses comptes.
**Un passif coûteux après la Coupe du monde**
La Cour des comptes a récemment publié un rapport soulignant la fragilité persistante des finances de la FFR, principalement en raison de l’organisation du dernier Mondial. Comme le rappelle *Midi Olympique*, « À ce jour, le déficit directement imputable à l’événement est estimé à 20 millions d’euros, auxquels pourrait s’ajouter un redressement fiscal de l’ordre de 7 millions d’euros. »
**Un plan de redressement salué pour sa rigueur**
Face à ce constat, la nouvelle gouvernance a déployé une politique d’austérité stricte pour régler ces dettes. Les magistrats financiers qualifient ce plan « de grande qualité ». Plusieurs mesures ont été mises en œuvre : réduction du train de vie du XV de France, baisse des frais de déplacement, suppression des cartes affaires des élus, et recours accru au mécénat.
**Le Stade de France, nouvelle mine d’or**
Parmi les succès du redressement, la renégociation du contrat avec le Stade de France constitue un tournant majeur. Alors que chaque match coûtait auparavant 1,2 million d’euros de location, les nouvelles conditions négociées avec GL Events permettent désormais de dégager des bénéfices records.
Pour preuve, la FFR attend 9 millions d’euros de billetterie et un bénéfice net de 8,5 millions d’euros pour le match France – Angleterre, tandis que la rencontre France – Irlande, malgré des billets moins chers en semaine, devrait générer 6 millions d’euros de bénéfices.
De plus, la réussite du match contre les Fidji à Bordeaux, qui a rapporté 2,5 millions d’euros de bénéfices nets, montre que sortir de la capitale s’avère lucratif.
Le Stade de France demeure cependant « la poule aux œufs d’or », et le Crunch face à l’Angleterre s’apprête à devenir l’un des rendez-vous les plus rentables de l’histoire du rugby français.
**Une fédération tournée vers l’avenir**
Pourquoi ces bénéfices sont-ils cruciaux ? Parce qu’ils ne servent pas uniquement à rémunérer les joueurs professionnels. Florian Grill rappelle que l’objectif est « d’apporter des moyens indispensables au rugby amateur ». Ce sont ainsi les clubs de village et les écoles de rugby qui dépendent directement de la bonne santé financière de la fédération. Un budget à l’équilibre est donc essentiel à la pérennité de la formation française.
Chaque billet vendu au Stade de France ou à Bordeaux devient ainsi une pierre supplémentaire dans la reconstruction d’une fédération déterminée à tourner la page de 2023 pour se projeter vers un avenir plus stable et prospère.







