Le XV de France lance ce jeudi sa campagne dans le Tournoi des Six-Nations avec un déplacement crucial en Irlande. Alors que les années paires sont souvent synonymes de Grand Chelem pour les Bleus, la question se pose : Fabien Galthié et ses hommes peuvent-ils viser le sans-faute cette saison ?
Pour Denis Charvet, ancien international et consultant RMC Sport, tous les ingrédients sont réunis pour un Tournoi réussi. « On a le retour d’Antoine Dupont, le capitaine, celui qui change un peu tout. On a vu que son absence à l’automne a été préjudiciable. Il a faim. Il sera aligné avec Jalibert qui n’a jamais été aussi fort. Le jeu est tourné vers l’offensif donc tout est réuni. »
Cependant, il nuance l’exigence d’un Grand Chelem, souvent perçu comme l’objectif ultime : « Selon moi, le match contre l’Écosse sera le plus dur à négocier, plus que les réceptions de l’Irlande et de l’Angleterre à Paris. On a toutes les chances de gagner le Tournoi, mais faire un Grand Chelem, ce serait la cerise sur le gâteau. Même l’Italie, que l’on a atomisé l’année dernière, nous a posé beaucoup de problème il y a deux ans. Le match est délocalisé à Lille et ce n’est pas notre stade. Donc c’est différent. »
Le consultant insiste sur l’importance de ne pas réduire le succès à un simple exploit sportif, mais à une étape dans la consolidation d’un groupe en pleine transition. « Ce n’est pas parce que tu fais le Grand Chelem que tu seras champion du monde en 2027. Le plus important, c’est qu’il y ait l’avènement de certains joueurs comme Guillard, Depoortere, Moefana, Jalibert pourquoi pas. Mais gagner le Tournoi sans faire le Grand Chelem, ce n’est pas du tout un échec. »
Au-delà du trophée, le véritable enjeu réside dans l’émergence et la confirmation des jeunes talents qui viendront renforcer l’équipe avant la Coupe du Monde 2027. L’éclosion de joueurs tels que Nicolas Depoortere ou Mickaël Guillard est cruciale pour assurer la profondeur de l’effectif, tandis que l’expérience et la détermination d’Antoine Dupont, associées à la créativité de Matthieu Jalibert, doivent impulser cette dynamique.
Les déplacements à l’extérieur posent un défi majeur pour les Bleus. Murrayfield, en Écosse, demeure un stade hostile où peu d’équipes s’imposent. « Gagner à Paris devant son public est une chose, mais s’imposer dans le froid et l’hostilité d’Edimbourg en est une autre », souligne Charvet. De plus, le match contre l’Italie, délocalisé à Lille, dépouille les Français de leur avantage habituel au Stade de France. Face à des équipes dites « plus petites », prêtes à tout pour exister, le piège est bien réel.
L’objectif final pour le staff tricolore reste la Coupe du Monde 2027. Un succès lors du Tournoi 2026, même sans Grand Chelem, permettrait d’instaurer une dynamique de confiance essentielle. Pour Fabien Galthié, l’essentiel est de montrer que son jeu offensif est toujours efficace et que son équipe sait gagner les matches à haute intensité, dès ce jeudi face à une Irlande toujours redoutable.







