Le XV de France dégaine ses armes lourdes pour le Tournoi des Six Nations 2026. Pour ouvrir la compétition, Fabien Galthié a dévoilé une composition d’équipe claire : la France affiche ses ambitions et veut frapper fort. Entre le retour remarqué d’Antoine Dupont, surnommé le « Ministre de l’Intérieur », et l’intégration de jeunes prometteurs, les Bleus ont décidé de ne rien laisser au hasard.
Le come-back d’Antoine Dupont dépasse une simple sélection. « C’est le retour du leader, du cerveau de l’équipe », souligne l’entraîneur. L’absence du capitaine a fortement pesé sur les performances passées et son retour avec le brassard injecte immédiatement une dose de confiance dans le vestiaire. Sa complicité avec Matthieu Jalibert, en forme à Bordeaux, s’annonce comme un des atouts majeurs de cette rencontre. Jalibert dispose d’une occasion en or pour montrer qu’il peut guider l’attaque française dans les grands rendez-vous.
Sur la mêlée, Galthié mise sur la puissance. En alignant Dorian Aldegheri à droite et Julien Marchand au talonnage, la France veut imposer son poids dès les premières minutes. Aldegheri, expert en mêlée fermée, pourrait s’avérer crucial, notamment si la pluie s’invite au Stade de France. Charles Ollivon, présent en deuxième ligne, apporte expérience et efficacité lors des alignements en touche, un élément clé face à la redoutable équipe irlandaise.
La jeunesse occupe une place de choix dans cette équipe. Théo Attissogbe remplace Damian Penaud sur l’aile, amenant vitesse et audace, tandis que Nicolas Depoortere, associé à son coéquipier bordelais Yoram Moefana au centre, offre une solidité déjà éprouvée en Top 14. En troisième ligne, Oscar Jegou, issu d’un travail acharné, devra faire face au puissant pack irlandais, une épreuve majeure pour sa carrière internationale.
Le banc tricolore est également impressionnant. Les « finisseurs » Emmanuel Meafou et Peato Mauvaka sont capables de renverser le cours d’un match en toute fin de rencontre. Le retour de Baptiste Serin rassure au poste de demi de mêlée en cas de scénario serré, tandis que le jeune Kalvin Gourgues, déjà remarqué en novembre, est prêt à utiliser sa puissance pour sceller la victoire.
Fabien Galthié a construit une équipe selon une stratégie bien rodée : dominer devant pour libérer les « génies » du jeu. « En alignant une première ligne “poids lourd” avec Aldegheri et Marchand, il veut priver l’Irlande de ballons », analyse le sélectionneur. Ainsi, si la mêlée française avance, Antoine Dupont aura toute la latitude nécessaire pour organiser le jeu et déclencher des attaques fulgurantes. Le plan est clair : « On fatigue l’adversaire physiquement pour mieux le punir techniquement », à la manière d’un rouleau compresseur.
Un autre coup de maître de Galthié réside dans la conservation de binômes déjà performants en club. La paire bordelaise Moefana-Depoortere, formée à l’Union Bordeaux-Bègles, bénéficie d’une « connexion déjà rodée », essentielle pour verrouiller la défense face aux combinaisons complexes des Irlandais.
La gestion des vingt dernières minutes, étape cruciale, repose sur une équipe renforcée par des remplaçants redoutables. L’entrée d’Emmanuel Meafou, plus de 140 kg, à l’heure de jeu, est comparée à l’arrivée d’un « tank face à des soldats fatigués ». De son côté, Peato Mauvaka, probablement le talonneur le plus rapide du monde, fait souvent naître la panique chez l’adversaire. Galthié a ainsi constitué une machine capable de monter en puissance jusqu’au coup de sifflet final.
Enfin, cette composition reflète aussi un test de caractère. En lançant des jeunes comme Oscar Jegou et Théo Attissogbe dans le « chaudron » du Stade de France pour un match capital, Galthié prouve qu’il prépare l’avenir sans sacrifier le présent. Portée par un capitaine Antoine Dupont « assoiffé de victoires » après une longue absence, cette équipe affamée vise clairement la victoire dès ce premier rendez-vous. S’ils l’emportent, les Bleus s’ouvriront une voie royale vers un titre tant espéré dans ce Tournoi 2026.







