Pour l’ouverture du Tournoi des Six Nations ce jeudi soir face à l’Irlande, Fabien Galthié a surpris en titularisant Dorian Aldegheri au poste de pilier droit. Un choix stratégique pour contrer la puissance physique des Irlandais.
Lundi, l’entraînement des Bleus à Marcoussis s’est déroulé à huis clos. Le sélectionneur s’en est amusé devant la presse : « Désolé, on avait besoin de cacher des choses. » Le secret n’a pas tenu longtemps : le staff a opté pour l’expérience et la force brute afin de compenser les absences des cadres irlandais en première ligne.
À 32 ans, Aldegheri n’était pas le favori initial. L’arrêt brutal de la carrière d’Uini Atonio, victime d’un accident cardiaque, lui ouvre la voie. Le pilier toulousain apparaît comme la clé pour stabiliser la mêlée, domaine où il excelle techniquement.
Virgile Lacombe, son entraîneur à Toulouse, souligne dans L’Équipe : « Dorian est très bon en mêlée fermée. Il va apporter sa solide expérience de la mêlée car il maîtrise techniquement les fondamentaux du poste. Physiquement, il transmet parfaitement la force de ses partenaires du pack. Il a un côté indéformable. Il a aussi cette capacité à effectuer les tâches obscures, comme être au soutien des porteurs de balle ou être très actif dans les zones de rucks, avec cette faculté à ralentir les ballons irlandais. »
Cette titularisation s’appuie aussi sur la faiblesse du XV du Trèfle, privé de ses meilleurs piliers gauches (Boyle, Porter, McCarthy). Jean-Baptiste Elissalde explique : « Dorian est le meilleur pilier de mêlée du groupe. De plus, l’Irlande est fragilisée au poste de pilier gauche (…) et du mauvais temps est annoncé. »
Gurthrö Steenkamp, ancien international sud-africain et connaisseur du joueur, fait preuve de confiance malgré quelques critiques passées : « De par son gabarit, pas très grand (1,80 m, 119 kg), mais très solide, Dorian est très difficile à contrer en mêlée fermée grâce à sa faculté à prendre l’espace entre le talonneur et le pilier gauche adverse. Il a été critiqué au niveau international, mais je ne suis pas inquiet, il sera très motivé. Affronter l’Irlande est une belle opportunité en vue de la prochaine Coupe du monde. »
Ce retour en tant que titulaire arrive après une longue attente pour Aldegheri, qui n’avait plus débuté depuis la Coupe du Monde 2023. Pour beaucoup, cette titularisation est enfin la reconnaissance qu’il mérite : « Dorian n’a jamais pu montrer ses qualités en équipe de France et rééditer les performances qu’il réalise depuis de nombreuses saisons. Sa titularisation est logique. Il réalise une bonne première partie de saison (15 matches, 10 titularisations) et apporte des garanties en conquête. Il a en plus l’habitude de jouer des matches de haut niveau. »
Le choix du pilier solide équipe tout l’arrière du pack, permettant à Galthié d’aligner des joueurs plus mobiles comme Charles Ollivon ou le jeune Oscar Jegou. C’est une quête constante du « meilleur équilibre possible ». Aldegheri se charge du « travail de l’ombre » (rucks, mêlée, protection du ballon) pour que ses coéquipiers puissent se concentrer sur l’offensive.
Pour le joueur, ce match est crucial. Souvent remplaçant, parfois critiqué pour son manque d’activité hors mêlée, il bénéficie désormais du soutien total du staff et de conditions météo difficiles qui jouent en sa faveur. Toutes les conditions sont réunies pour qu’il confirme qu’il est « le meilleur pilier de mêlée du groupe ». S’il réussit ce rendez-vous, Aldegheri pourrait devenir la référence à droite de la mêlée française pour les années à venir.







