La semaine dernière, le rugby français a vécu un moment fort en émotions : Thibaud Flament, deuxième ligne international, a choisi de renoncer au match contre l’Irlande ce jeudi 5 février. La raison ? Un choix personnel, dicté par l’amour et les priorités familiales.
Thibaud Flament et sa compagne, Ethel, traversent un parcours difficile pour devenir parents. Confrontés à l’endométriose dont souffre Ethel, ils ont dû s’engager dans un protocole de Procréation Médicalement Assistée (PMA). Ce traitement, rigoureusement calé sur le cycle menstruel, ne permet aucune flexibilité, même face aux obligations sportives.
Le joueur s’est exprimé avec sincérité :
« Ethel, mon épouse, est atteinte d’endométriose, comme beaucoup de femmes aujourd’hui. Très vite, on s’est aperçu que ça n’allait pas forcément être simple d’avoir un enfant. On a compris qu’on allait devoir réaliser une PMA. On ne peut pas maîtriser la date, le timing est basé sur le cycle menstruel des femmes, avec tout un protocole autour de ça. Nous avons appris début janvier que la PMA tombe la même semaine que l’Irlande. Ce n’est pas possible de faire les deux, donc je ne jouerai pas face à l’Irlande. »
Ce témoignage a profondément ému Abdelatif Benazzi, ancien capitaine emblématique du XV de France, qui a vécu une expérience similaire. Pour la première fois, il s’est confié publiquement via l’AFP :
« Quand j’ai lu ce récit, j’ai eu les larmes aux yeux, car je l’avais vécu moi-même. »
Après la naissance de son premier fils en 2005, Benazzi et son épouse avaient également souhaité agrandir leur famille. Malgré cinq tentatives et un suivi médical soutenu, cet espoir a rencontré de nombreux obstacles.
« Nous avions un enfant, nous en voulions un autre, mais nous n’y sommes pas parvenus. Nous avons fait cinq tentatives, et j’étais toujours avec ma femme. »
Aujourd’hui, l’ancien rugbyman apporte son soutien total à Thibaud Flament dans cette étape de vie aussi intime que difficile :
« Je comprends parfaitement le choix de Thibaud Flament, je le respecte pleinement. »
Ce geste fort souligne la réalité des défis privés que peuvent affronter les sportifs de haut niveau, où engagement professionnel et vie personnelle se heurtent parfois aux mêmes exigences.







