Thomas Ramos refuse de parler de Grand Chelem avant le Tournoi des 6 Nations
À quelques jours du lancement du Tournoi des 6 Nations, Thomas Ramos s’est livré dans les colonnes de Midi Olympique, dressant un état des lieux clair et déterminé de l’équipe de France avant d’affronter l’Irlande.
L’arrière du XV de France a tout d’abord refusé de céder à l’euphorie entourant la compétition : « L’état d’esprit de cette semaine c’est, avant tout, de vraiment bien entamer cette compétition, si possible par une victoire. Après, on l’a vu l’année dernière, ça va très vite. Quand on a perdu en Angleterre, personne n’aurait cru qu’on allait gagner le Tournoi… » Il précise que malgré trois matchs à domicile, « tout le monde pense au grand chelem. Mais ce n’est pas un mot qui, pour le moment, revient dans nos têtes et dans nos discussions. Ce qui est important, sur ces huit-neuf premiers jours passés ensemble, c’est de bien démarrer le Tournoi, de se donner de la confiance en essayant de gagner ce premier match. »
Sur la gestion de l’équipe, il ne cache pas son ressenti à propos de la mise à l’écart de certains cadres : « On ne m’a pas demandé quoi que ce soit et je n’ai pas forcément ressenti le besoin, ou l’envie, de faire plus. Il y a un joueur qui revient aussi, qui n’était pas là du fait d’une blessure, et qui est notre capitaine (Antoine Dupont, NDLR). Ça apporte un petit peu plus de poids dans les discours… Et puis, la nouvelle génération, les jeunes qui montent, est assez professionnelle et bien préparée dans leurs têtes pour savoir ce qu’ils ont à faire et, surtout, ils savent où ils veulent aller. De temps en temps, on les rappelle un petit peu à l’ordre mais, croyez-moi, c’est rare. »
Concernant l’absence de Damian Penaud, Thomas Ramos exprime sa douleur : « Vous savez, moi, j’ai passé trois ans à ne pas jouer, à ne pas être pris ou à être en tribune, forcément, je sais ce que ça fait. Déjà, ça me fait mal au cœur pour ‘’Dams’’ de ne pas le voir ici. Les autres aussi, mais vous me parlez de Damian… » Il rappelle cependant la nécessité d’être performant sur le terrain : « Peu importe son statut dans l’équipe, peu importe l’âge que les joueurs ont, on a tous envie d’être performant et, au-delà de performer pour soi, de performer pour l’équipe. Parce qu’au bout, il y a quelque chose à aller chercher. C’est ça qui nous anime plutôt que de se dire ‘’est-ce que je suis en danger, pas en danger’’. Si tu rentres sur le terrain avec la peur de mal faire, c’est compliqué. Donc non, je n’ai pas de pression sur ce côté-là. »
Sur le plan technique, l’arrière français souligne la force offensive du XV de France, tout en admettant que des progrès sont encore possibles : « Ce qui est paradoxal, c’est qu’on est la meilleure attaque, mais on a l’impression qu’on joue mal. On marque beaucoup d’essais. Et on a envie de s’améliorer encore plus dans nos mouvements offensifs. Parce qu’on est persuadé qu’on arrivera ainsi à marquer encore plus et à déstabiliser encore plus les équipes. C’est sur ce point-là qu’on aimerait s’améliorer durant le Tournoi. »
L’amélioration de la discipline sera également un enjeu crucial, selon lui : « Oui, c’est un sujet de discussion important depuis huit-neuf jours. Ça a été l’un des points noirs de cette tournée de novembre. C’est donc un secteur sur lequel il va falloir être plus performant durant ce Tournoi. Et dès ce premier match parce qu’on sait que les Irlandais se nourrissent énormément des pénalités subies par leurs adversaires pour aller en touche, pour entrer dans les 22 mètres, faire des ballons portés, mettre leur jeu en place, user l’adversaire. L’année dernière, chez eux, on avait été acculé dans notre camp pendant un quart d’heure, vingt minutes. On avait très bien défendu, mais c’était quand même assez âpre… Donc oui, la discipline est un secteur sur lequel il va falloir élever notre niveau lors des cinq matchs qui arrivent. »
Enfin, sur la pression d’être considéré comme favori, Thomas Ramos reconnaît un enjeu important : « Tout le monde nous colle l’étiquette de favoris parce qu’on l’a gagné l’année dernière et que c’est un Tournoi où l’on reçoit à trois reprises. Forcément, ce serait peut-être une désillusion de ne pas le gagner. Donc oui, c’est peut-être un moment charnière. Soit on parvient à mettre notre empreinte sur le rugby international, soit on fera comme on a fait lors de la dernière Coupe du monde et on rentrera à la maison après les quarts de finale. Ce Tournoi est donc important aussi pour créer un bon groupe et créer une bonne connexion entre tous les joueurs, même si ça fait des années qu’on se connaît. Quand on ne gagne rien, on ne crée pas grand-chose au final. Après avoir gagné l’année dernière, gagner de nouveau cette année nous permettra peut-être d’avoir une image différente aux yeux de tout le monde. »
À propos du premier adversaire de la compétition, l’Irlande, Ramos reste vigilant : « Les Irlandais ont quelques blessés, notamment devant apparemment. Après, je vous avoue qu’on s’est penché principalement sur la façon de jouer de cette équipe, comment elle attaque, comment elle défend, plutôt que de savoir qui va jouer. En revanche, ce qui est sûr, c’est que si c’est une équipe qu’on laisse jouer, à qui l’on permet de déployer son système offensif, peu importent les joueurs, elle sera dangereuse. Que ce soit dans leur province ou en équipe nationale, les mecs jouent ensemble tous les week-ends. Je ne pense donc pas qu’un ou deux changements devant ou derrière les empêchent de s’exprimer offensivement. Et puis, comme on le disait, la discipline sera aussi un secteur très important de ce match. Objectif : éviter de faire le plus de fautes possibles, éviter de leur donner des munitions gratuites, notamment dans notre camp. Parce que ça reste quand même une équipe du haut de classement au niveau mondial. On a bien préparé cette rencontre car c’est une équipe que l’on prend au sérieux. Je n’ai pas de doute là-dessus. Souvenez-vous que nous en avons pris 40 il y a deux ans (17-38). »
Thomas Ramos et ses coéquipiers savent donc que ce Tournoi des 6 Nations sera un vrai test, entre ambitions assumées et contraintes à surmonter, pour asseoir leur domination sur la scène internationale.







