Dans une longue interview accordée au magazine *Tampon*, Ugo Mola est revenu sur sa relation tumultueuse avec Christophe Urios, l’actuel manager de l’ASM Clermont. Ancien coéquipiers à la fin des années 90 au Castres Olympique, leur lien semble aujourd’hui irrémédiablement rompu.
Entre critiques médiatiques et divergences profondes sur la manière de concevoir le rugby, le manager toulousain a décidé de s’exprimer ouvertement sur ce qui les oppose.
### Une opposition de styles radicale
Pour Ugo Mola, le clivage ne se limite pas au plan personnel, il est avant tout philosophique. Ayant connu Urios à la fois sur le terrain et dans son rôle d’entraîneur, le verdict est sans appel :
« Urios, j’ai joué avec lui avant qu’il ne m’entraîne. Et c’était tout sauf le coach que je voulais être ».
Toutefois, Mola ne remet pas en cause l’efficacité de la méthode Urios lorsque celle-ci s’inscrit dans un contexte favorable. Il reconnaît que le style rugueux et direct, prôné par l’ancien talonneur, a porté ses fruits dans le Tarn :
« Totalement. Et il a été champion avec Castres parce qu’il collait avec ça. Et c’est plus compliqué de le faire ailleurs, d’ailleurs ».
### L’importance du lieu et de l’identité
Au-delà de la critique, Ugo Mola élabore une théorie sur la réussite d’un entraîneur, qu’il relie intrinsèquement à l’ADN du club où il officie. Selon lui, le succès repose avant tout sur une parfaite symbiose :
« Je pense que quand on a une activité dans laquelle on est capable d’exceller, après il faut trouver l’endroit. Et je reste convaincu que quand on dit ‘C’est un bon entraîneur’ ou ‘Lui c’est le meilleur entraîneur de l’année’, c’est juste qu’il est dans l’endroit où il faut ».
Dans un rare élan de franchise, le coach du Stade Toulousain s’applique ce principe à lui-même, admettant qu’il ne conviendrait pas à certains environnements :
« Ugo Mola, aujourd’hui il n’a pas les capacités d’entraîner à Castres ou dans certains endroits. Comme je sais qu’aujourd’hui à Toulouse, tout le monde ne pourra pas entraîner ».







