Le rugby français cherche à réinventer son style de jeu. Après six ans à la tête des Bleus, Fabien Galthié affirme qu’un nouveau cycle s’ouvre, marqué par un équilibre entre tradition et innovation.
Nicolas Depoortère, l’un des cadres du XV de France, donne le ton : « On a essayé de mettre un peu plus d’animation, de mouvement pour apporter plus d’incertitudes sur la défense adverse. » Cette volonté de dynamiser le jeu est confirmée par l’arrière Thomas Ramos, qui, malgré des statistiques offensives impressionnantes, insiste sur la nécessité de gagner en fluidité : « On est la meilleure attaque mais on a l’impression qu’on joue mal. La seule chose dont on a envie c’est de s’améliorer dans nos mouvements offensifs. On est persuadés qu’en s’améliorant on marquera encore plus. »
Fabien Galthié refuse toutefois de parler de rupture radicale : « On n’essaie pas de le faire devenir un Sud-africain ou un anglo-saxon parce qu’il gagne, non. » Le sélectionneur rappelle que le succès repose sur une lecture globale du jeu : « Dans notre équilibre, ce qu’on appelle le jeu, c’est le jeu avec le ballon et sans le ballon. 50% du temps on a le ballon, 50% du temps on ne l’a pas. » Pour lui, il s’agit avant tout de « continuer à inventer notre propre modèle » en accord avec l’identité du joueur français, tout en évoluant vers « la création ».
Sur le terrain, la charnière Dupont-Jalibert cristallise les attentes. Le retour d’Antoine Dupont s’accompagne de la titularisation de Matthieu Jalibert, auteur d’une saison éclatante avec l’UBB. Le capitaine tricolore soutient publiquement son partenaire : « Matthieu a la confiance de tout le monde, de ses partenaires, du staff et même la vôtre. » Pour Dupont, la légitimité du demi d’ouverture bordelais est incontestable : « Tous les feux sont au vert pour lui. On sait la qualité de joueur qu’il est capable d’avoir et on espère qu’il apportera tout son potentiel. »
Reste à savoir si ce duo pourra pleinement s’exprimer face aux exigences et au pragmatisme du rugby international. Un défi crucial pour la France, qui mise sur cette nouvelle dynamique pour porter son jeu vers de nouveaux sommets.







