Le Top 14 s’apprête à connaître une profonde réforme financière. Ce mercredi, le comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby (LNR) a validé plusieurs mesures majeures pour adapter le championnat aux exigences du rugby moderne et protéger la santé des joueurs.
**Une hausse progressive du plafond salarial**
Le salary-cap, actuellement fixé à 10,7 millions d’euros, augmentera par paliers pour atteindre 11 millions dès la saison 2026-2027, puis 11,3 millions en 2029-2030. Cette décision fait suite aux alertes des dirigeants de clubs. L’objectif est de permettre aux staffs d’étoffer leurs effectifs au-delà de la limite actuelle de 35 contrats professionnels, dans le but de préserver l’intégrité physique des joueurs.
**Vers une dégressivité des crédits internationaux**
Le système des crédits pour les joueurs de la liste Premium va lui aussi évoluer. « La réforme introduit donc un plafond cumulé par club », précise la LNR. Aujourd’hui, chaque international permet un dépassement de 180 000 euros, mais à partir de la saison 2027-2028, une dégressivité sera mise en place : 210 000 € pour un joueur, 202 500 € par tête pour deux internationaux, et ainsi de suite.
Cette mesure, largement débattue, a été adoptée par 17 voix contre 6. « Sur cette dégressivité, il y a eu débat mais la majorité a tranché », assure la LNR. Afin de faciliter l’adaptation des clubs, aucun club ne pourra perdre plus de 200 000 euros de crédit d’une saison sur l’autre, même en cas de chute brutale du nombre d’internationaux.
Par ailleurs, chaque recrutement d’internationaux ouvrira désormais automatiquement droit à un crédit salarial, sans exception.
**Contrats d’image : un premier geste en faveur des stars**
Face aux frustrations des joueurs cadres concernant les restrictions sur l’exploitation de leur image, une avancée a été annoncée. Matthieu Jalibert dénonçait en octobre : « On ne peut pas toujours exploiter les retombées économiques et signer des contrats individuels parce que nous sommes bloqués par le salary-cap, et notamment cette règle sur les contrats d’image ».
Dès la saison prochaine, les contrats équipementiers individuels, même s’ils sont signés avec des marques communes au club, seront exclus de l’assiette du salary-cap, offrant ainsi une marge de manœuvre accrue aux joueurs.
**Fin de la médiation pour les manquements graves**
La LNR durcit également son contrôle. La procédure de médiation, qui avait permis au Stade Toulousain de régler le dossier Melvyn Jaminet, sera désormais strictement encadrée. Elle sera « désormais réservée aux seuls manquements susceptibles d’encourir une sanction financière, à savoir les dépassements du plafond inférieurs à 200 000 € ».
Pour toute infraction plus grave, notamment un dépassement supérieur ou un manque de transparence, les clubs s’exposeront désormais à des sanctions sportives sans possibilité de médiation.
Ces réformes marquent une étape importante dans l’évolution du Top 14, conciliant compétitivité sportive, équité économique et respect de l’intégrité des joueurs.







