Sous un crachin tenace à Saint-Denis, le Tournoi des Six Nations 2026 a démarré sur les chapeaux de roue pour le XV de France. Les Bleus ont dominé l’Irlande 36 à 14, affichant une vitesse et une audace qui ont laissé leurs adversaires sur le bord du terrain.
L’arrière toulousain Thomas Ramos a été l’artisan majeur de cette victoire éclatante. Sa performance a culminé sur une action spectaculaire en début de seconde période : une passe extérieure du pied gauche, parfaitement calée, qui a permis à Louis Bielle-Biarrey d’inscrire son doublé et de sceller le quatrième essai français.
Pourtant, loin de s’envoler dans des envolées lyriques, Ramos a tempéré l’admiration suscité par ce geste : « C’est de la chance, je ne vais pas expliquer que j’ai fait exprès ». Il a expliqué la genèse de ce coup réussi, soulignant l’importance de l’anticipation mais aussi du hasard : « C’est un peu de chance. Dans tous les cas, je me dis qu’il faut que je touche le ballon parce que le rebond me piège un petit peu. Dans ma tête, je me dis que Louis sera là et j’ai la chance de la prendre extérieur du pied et de lui mettre dans la course. C’est toujours appréciable d’anticiper et de savoir que Louis, en l‘occurrence, aime ce genre de coups. Savoir qu’il était là, c’était appréciable. »
Au-delà de cette action, Thomas Ramos a marqué l’histoire en devenant le premier joueur sous le maillot tricolore à franchir la barre des 500 points, grâce à ses 11 points au pied ce soir-là. Mais fidèle à son humilité, il a d’abord salué la prestation collective : « Si on nous avait dit qu’on prendrait le bonus avec une première mi-temps maitrisée comme on l’a fait et un score à plus de 30 points, on aurait signé ».
Il a aussi mis en lumière les progrès nets de l’équipe : « On est très content du résultat, de certaines choses mises en place durant le match. Tout n’est pas parfait mais c’est positif. On a montré un autre visage que lors de la tournée de novembre. On est dans le bon wagon si on continue dans ce sens-là. »
Ce succès offre un véritable souffle de renouveau au rugby français, longtemps critiqué pour son manque de fluidité. La capacité des Bleus à enchaîner les passes et à marquer de superbes essais a transformé ce match en fête, sur le terrain comme dans les tribunes.
« Quand tu mets 36 points aux Irlandais, que tu marques des essais notamment derrière, que tu te fais des passes, forcément tu prends du plaisir », a confié le Toulousain, radieux. Il a conclu sur la chance unique que représente le fait de porter ce maillot : « On a la chance de jouer un jeu et de rentrer sur le terrain avec l’opportunité de jouer au rugby. Après des matchs comme ça, évidemment qu’on a un peu la banane. »
Fort de cette victoire maîtrisée et d’un nouveau record historique, le XV de France prépare déjà son prochain rendez-vous à Cardiff, confiant et galvanisé.







