L’absence de Uini Atonio lors du match France-Irlande ce jeudi n’était pas un choix sportif, mais la conséquence d’un drame personnel qui a bouleversé le rugby français. Victime d’un accident cardiaque la semaine dernière, le pilier rochelais de 35 ans a été contraint de mettre fin à sa carrière d’une manière définitive. Si la victoire des Bleus (36-14) a illuminé le Stade de France, la silhouette d’Atonio, fort de ses 68 sélections, planait dans l’ombre, notamment lors des mêlées initiales.
Ronan O’Gara, son entraîneur à La Rochelle, présent à Saint-Denis, s’est confié avec émotion à ITV Sport. Bouleversé par la rapidité des événements, il a tenu à rassurer sur l’état de santé du joueur tout en insistant sur la gravité de la situation : « On a l’impression d’avoir vécu six mois en une journée. La réalité, c’est qu’Uini est vivant, en pleine forme et entre de bonnes mains. Il a une belle vie devant lui… Le chemin de la guérison sera long, il doit retrouver la forme. Il nous a tous fait une grosse frayeur. C’est un homme tellement attachant, qui compte énormément pour tous les habitants de La Rochelle. »
De son côté, Fabien Galthié, le sélectionneur national, a dévoilé en conférence de presse les coulisses de ce retrait soudain. Jusqu’au dernier moment, Atonio croyait pouvoir honorer sa place dans le groupe, avant que la réalité médicale ne le rattrape. Le technicien a partagé ses échanges téléphoniques avec le joueur, entre espoir et résignation : « Uini, lundi dernier, il m’appelle. Il me dit ‘J’ai quelques examens à faire, je pense que tout ira bien, je serai là fin de semaine’. Et jeudi, je l’ai eu au téléphone. Il m’a dit qu’il ne serait pas là et qu’il avait une deuxième opération prévue aujourd’hui, je crois. Il pensait nous retrouver pour le dernier match face à l’Angleterre juste pour être avec nous. »
Malgré ce départ brutal, Galthié espère que l’héritage spirituel d’Atonio continuera d’inspirer les plus jeunes. Le sélectionneur a souligné l’abnégation et la joie de vivre du pilier aux moments les plus difficiles : « L’image de Uini que l’on a, c’est celle de quelqu’un qui n’abandonne jamais. Je me souviens des préparations physiques pour la Coupe du monde qui étaient très intenses sur l’endurance, sur la vitesse et il n’abandonnait jamais malgré la difficulté du travail demandée. C’était quelqu’un qui montrait de par son comportement le chemin, toujours avec le sourire et bien sûr le talent. Je pense qu’il va inspirer les deux joueurs (Dorian Aldegheri, Régis Montagne) qui sont aujourd’hui au poste de pilier droit. »
La retraite forcée de Uini Atonio crée un vide immense pour La Rochelle et le XV de France. Mais l’essentiel reste que l’homme est hors de danger et s’apprête à entamer un nouveau chapitre, loin des mêlées rugueuses, mais toujours entouré de l’affection et du respect de ses pairs.






