En l’absence d’Uini Atonio, contraint de renoncer brutalement à sa carrière, Fabien Galthié a choisi de faire confiance à Dorian Aldegheri pour occuper le poste de pilier droit face à l’Irlande, jeudi soir au Stade de France. Une titularisation très attendue pour le Toulousain, qui n’avait plus porté le maillot bleu en tant que titulaire depuis la Coupe du monde 2023.
Interrogé par L’Équipe, Aldegheri confie avoir ressenti « énormément de plaisir » pendant ce match face à une équipe irlandaise solide, ajoutant qu’à 32 ans, la pression était bel et bien présente : « J’avoue que je ne me suis pas couché tôt la veille du match parce que j’avais du mal à m’endormir. (Il rigole) Je sentais qu’il y avait beaucoup d’attentes. Encore plus qu’en club. On sait qu’on est regardé en sélection. J’avais envie de bien faire pour l’équipe et j’avais conscience que je devais répondre présent. »
Le pilier évoque aussi « la fierté d’être là » et le bonheur de jouer devant 80 000 spectateurs sous les projecteurs : « Il faisait noir et ça brillait de partout. C’était monstrueux. C’est pour ça que tu joues. J’ai savouré comme si c’était la dernière fois. Je sais très bien qu’il ne me reste pas non plus dix ans de carrière. (Il rigole) »
Son dernier match en tant que titulaire date d’un affrontement difficile contre l’Uruguay en Coupe du monde, un souvenir mitigé où il reconnaît avoir été frustré. « Ma carrière en équipe de France n’a pas été linéaire. Quand je ne suis pas pris, je suis déçu, bien sûr. Mais je ne me dis pas que je dois y être à tout prix. Peut-être que je ne le méritais pas parfois. Je sais que ça ne tombe pas du ciel », explique-t-il.
Face aux critiques de certains consultants sur sa titularisation, Aldegheri reste détaché : « Je ne lis et je n’écoute pas trop ce qui se dit. J’ai trop de choses à faire pour perdre du temps inutilement. Moi, j’essaie de faire mon truc, de m’amuser car ça reste un jeu, et de rendre fier mes proches. C’est ça le plus important. Je n’ai pas souffert d’un manque de reconnaissance. Au contraire. Je suis bien dans mon coin. Ça me va très bien si on ne parle pas de moi. Je préfère rester simple et discret. »
Satisfait de sa prestation, malgré quelques imperfections, il souligne l’intensité du match et la nécessité de rester vigilant à son poste : « Tout n’était pas parfait mais ça fait du bien pour la confiance. En première période, c’était chaud avec un énorme ball in play. Ça allait très vite et ça envoyait du jeu terrible. Un vrai match intense comme on aime les jouer. C’est dur sur le moment, mais après tu te dis que c’était cool. »
Enfin, Aldegheri revient sur la fin soudaine de carrière d’Uini Atonio, qu’il présente comme une référence indispensable au poste : « Uini était bien en place. C’est quelqu’un de très important, apprécié et fiable. Je ne me dis pas ‘il faut que je fasse ça ou ça pour devenir peut-être le pilier droit numéro 1’. On ne pourra pas le faire oublier de toute façon. C’est impossible. Je n’ai pas cette prétention. On a en revanche la pression de répondre présent. »
« J’ai été touché mais comme l’ensemble du groupe. Ça nous a fait un choc. C’était brutal. Uini est une référence à un poste très dur. J’ai eu la chance de croiser des gars comme lui, Charlie Faumuina et Census Johnston. Des exemples en termes de constance qui arrivent à conserver le même niveau élevé de performances sur des années. Et j’aime beaucoup la personne qu’il est. Il ne lâche jamais rien, c’est un battant. Peu de joueurs ont touché le monde du rugby autant que lui. »







