Critiqué pour sa vulnérabilité défensive, notamment lors du Crunch 2024 où il avait été mis en difficulté face aux premiers attaquants irlandais, Matthieu Jalibert a bénéficié d’un réajustement tactique inédit face à l’Irlande. Le staff des Bleus a décidé d’adopter une organisation inspirée de celle de l’Union Bordeaux-Bègles, le club de l’ouvreur.
### Une stratégie calquée sur l’UBB
Plutôt que de maintenir Jalibert en première ligne défensive, Fabien Galthié a confié les deux premiers couloirs au duo Moefana-Depoortere, reléguant Jalibert au poste de deuxième centre en défense. Cette adaptation vise à protéger l’ouvreur et à renforcer la solidité du bloc défensif.
Interrogé par *Midi Olympique*, Jalibert a confirmé l’initiative de son sélectionneur : « C’est Fabien Galthié qui nous a proposé de nous organiser comme en club. On a pas mal de repères collectifs avec Yoram et Nico dans cette configuration-là et ça a plutôt bien fonctionné. »
### Une connexion défense renforcée jusqu’à l’aile
Cette cohésion tactique se prolonge sur les ailes, où Louis Bielle-Biarrey joue un rôle clé pour compenser les éventuels décalages défensifs. « Je sais comment défend Mathieu, alors j’essaie de m’adapter à lui, » explique « LBB ». « En tant qu’ailier, on dépend pas mal de son 13, donc moi de Matthieu dans ce cas précis. Ça aide forcément d’avoir l’habitude de défendre avec lui en club. »
### Un « bricolage » durable ?
Si cette stratégie a pris l’adversaire irlandais par surprise, son efficacité à moyen terme soulève des questions. Lors de la Coupe du monde 2023, les rivaux n’avaient eu besoin que de deux matchs pour percer les failles de ce positionnement hybride.
La crainte désormais est que d’autres grandes nations, telles que l’Écosse ou l’Angleterre, parviennent à analyser et neutraliser ce système. Le souvenir du “rétropédalage” tactique opéré par Galthié en 2024 reste vif : une fois la défense désorganisée, Jalibert redevenait une cible vulnérable, fragilisant l’équilibre des Bleus.







