Le rugby français, secoué par des accusations de racisme, est en pleine tourmente après la révélation d’un incident survenu lors d’un match amateur. Un joueur de l’Union Drancy Saint-Denis a dénoncé sur les réseaux sociaux une agression verbale raciste subie lors d’une rencontre dans les Landes, le 8 février, face aux Espoirs de Tyrosse.
Selon le témoignage recueilli par Le Parisien, les faits se sont produits en fin de partie, alors que l’intensité du jeu était à son comble. Le joueur, connu sous le pseudonyme « digba 952 », explique qu’un simple accrochage a dégénéré quand son adversaire lui a lancé : « casse-toi, sale noir ».
La victime identifie clairement l’auteur présumé de cette insulte : « Cette insulte raciste, d’une violence inacceptable, a été proférée par le numéro 7, capitaine de l’équipe. » Cet incident a immédiatement envenimé l’atmosphère sur le terrain : « Des mots qui n’ont absolument rien à faire sur un terrain de sport, ni ailleurs. Sur le moment, la colère est montée. Comme chez n’importe quel être humain qu’on humilie pour ce qu’est. Il y a eu une confrontation, parce que ce genre de propos ne laisse pas indifférent. Mais je tiens à être clair : je n’aime pas la violence, je ne la recherche pas, et ce n’est pas ainsi que je conçois le sport ni la vie. »
Au-delà de l’agression personnelle, le joueur originaire de Seine-Saint-Denis dénonce un contexte favorable à l’impunité. Il pointe notamment le fait que son agresseur serait le fils du président du club adverse, stigmatisant un système qu’il juge complaisant : « Le racisme n’est ni une opinion, ni un dérapage, et encore moins quelque chose qu’on peut étouffer ou relativiser. Derrière le joueur que je suis, il y a un homme. Une dignité. Une famille. Une histoire. Se taire, c’est accepter. Aujourd’hui, je choisis de parler pour dénoncer ces faits, demander que les responsabilités soient prises, et rappeler que le sport doit rester un lieu de respect, de valeurs et d’exemplarité. »
Le joueur regrette que ce genre d’incidents ne soit « malheureusement pas [d’]un cas isolé » et interpelle fermement les dirigeants du rugby français : « Le racisme, les insultes, les discriminations… Ce sont des problèmes répétés dans ce sport, et trop souvent, rien ne change. On continue de fermer les yeux, de minimiser, de protéger certains, et pendant ce temps-là, les victimes doivent encaisser. Le sport devrait être un lieu de respect, d’égalité et de fair-play, pas un endroit où l’on tolère l’injustice et la haine. »
De son côté, le club US Tyrosse Rugby Côte Sud a limité les interactions sur ses réseaux sociaux suite à cette polémique. La victime a confirmé qu’une « procédure est lancée », tout en appelant ses soutiens à rester mesurés : il invite à ne pas répondre par la haine ni par des menaces. Pour lui, le combat doit désormais se mener sur le terrain des instances : « Se taire, c’est laisser faire. »







