Le président de la Ligue Nationale de Rugby (LNR), Yann Roubert, s’est livré à une interview détaillée dans les colonnes de Midi Olympique. Il a notamment expliqué les raisons derrière la récente décision d’augmenter le plafond salarial (Salary Cap) de 300 000 euros pour la saison prochaine.
Cette mesure, validée lors du dernier Comité directeur de la LNR, s’inscrit dans un processus engagé dès septembre 2025. Selon Yann Roubert, « c’est un processus qu’on avait engagé en septembre 2025, on en avait parlé dès le printemps et on l’avait annoncé pour associer toutes les parties prenantes. Le comité directeur effectivement a adopté ces évolutions mercredi dernier, avec une vision claire qui est de conforter un dispositif essentiel à l’équilibre sportif et économique du Top 14, tout en l’adoptant aux évolutions du contexte. Et notamment à l’importance des clubs de pouvoir étoffer leur effectif, afin de mieux protéger la santé des joueurs. »
Le président insiste sur la transparence et la concertation qui ont entouré cette décision. « Ce processus a été clair, transparent, partagé, avec non seulement l’ensemble des clubs qui ont participé à divers ateliers depuis septembre, mais aussi aux autres parties prenantes, les joueurs, les entraîneurs, leurs syndicats, parce qu’ils concernent tout le monde. L’objectif était d’optimiser ce dispositif du salary cap qui est absolument essentiel, parce qu’il garantit une compétition équitable, et qu’il préserve l’intégrité économique des clubs. »
Cette augmentation progressive du plafond salarial, qui passera de 10,7 à 11 millions d’euros dès la saison prochaine, puis augmentera de 100 000 euros annuellement sur les trois saisons suivantes, représente un total de 600 000 euros supplémentaires par club. Yann Roubert souligne l’importance de cette décision : « Cela fera à terme 600 000 euros de plus par club, donc si vous multipliez par quatorze, cela ferait une jolie somme (8,4 millions d’euros, N.D.L.R.) qui va gonfler la masse salariale du Top 14 pour rémunérer ses acteurs. Ça, c’était effectivement appelé par les clubs, ça l’a été aussi par les joueurs et par les entraîneurs, et on y a accédé parce que c’était possible. »
Cette hausse du Salary Cap reflète aussi la bonne santé économique de la Ligue. « Cette saison, nous avons redistribué 500 000 euros supplémentaires aux clubs du Top 14. Cela viendra largement compenser le passage de 10,7 à 11 millions d’euros de salary cap la saison prochaine », précise-t-il.
Interrogé sur son changement de position, lui qui s’était montré longtemps favorable à une baisse du plafond salarial lorsqu’il présidait le LOU Rugby, Yann Roubert dément toute incohérence ou girouette : « Je n’oublie pas que j’ai longtemps été favorable à une baisse progressive et mesurée du salary cap. Je ne dis d’ailleurs pas que si je n’étais pas toujours président du Lou, je n’aurais pas gardé au départ cette position, dans la mesure où ne pas augmenter le salary cap est facteur d’équilibre économique. Mais je n’ai pas tourné une girouette dont l’avis varie selon ses propres intérêts, il faut simplement s’adapter au contexte. »
Il insiste sur la nécessité de prendre en compte la santé des joueurs en étoffant les effectifs : « J’ai entendu à la fois les arguments des clubs, mais aussi des joueurs, des entraîneurs et de leurs syndicats, avec notamment l’intérêt qu’il faut apporter à la santé des pratiquants. Cette augmentation progressive et modérée, j’insiste vraiment sur ce point, doit permettre d’étoffer les effectifs afin de protéger la santé des joueurs. »
Enfin, Yann Roubert confirme que les effectifs des clubs du Top 14 ne seront plus limités à 35 joueurs sous contrat professionnel. « Ils ne seront plus limités à un maximum de 35 joueurs sous contrat professionnel. La hausse du salary cap n’est pas simplement pour payer mieux les joueurs : c’est un ensemble que chacun le gérera au mieux selon ses intérêts, ses contraintes et sa volonté. Personne n’est obligé de dépenser cet argent, chacun le gérera comme il le veut. Mais l’idée, c’est bien de pouvoir étoffer les effectifs, afin de préserver la santé des pratiquants. Le fait que cela s’établisse dans un dispositif partagé et transparent me semble positif, la priorité étant donnée à l’intérêt général. Le salary cap impose une limite, mais c’est précisément cette limite qui protège l’ensemble du système, et garantit la stabilité pour l’ensemble des joueurs pros. »
Cette réforme marque un tournant dans la gestion du Top 14, axée désormais sur la protection des joueurs et la pérennité économique des clubs.






