Le manager du LOU Rugby, Karim Ghezal, s’est livré dans les colonnes de L’Équipe, évoquant une saison difficile mais porteuse d’espoir pour le club lyonnais.
Malgré une position au classement loin d’être enviable, Ghezal reste confiant : « Avec la victoire à La Rochelle (44-24, le 31 janvier), j’étais content pour les joueurs. Même si on se tait depuis des semaines, on a envie de voir au-dessus. » Pour lui, plusieurs rencontres clés ont échappé à son équipe « On aurait dû gagner au Racing (35-34, le 24 janvier), on aurait pu à Bayonne (22-20, le 29 novembre). On est douzième, mais c’est une saison passionnante à vivre. »
À ses yeux, le LOU est en pleine construction : « Depuis que je suis entraîneur, j’ai toujours eu quelque chose à viser : une finale de Challenge Cup l’an dernier, une demi-finale de Top 14 qu’on aurait pu gagner avec le Stade Français, un quart de finale de Coupe du monde avec les Bleus… Cette saison, il n’y a pas ça. Pourtant on construit, le club met en place plein de choses qui vont payer. Je suis persuadé que le LOU aborde enfin un nouveau cycle. »
Ghezal insiste également sur une évolution personnelle notable : « J’ai toujours eu l’image du gars impulsif, du compétiteur, mais j’ai envie de prendre le temps, de construire quelque chose. J’ai signé trois ans pour ça (il est sous contrat jusqu’en 2028). J’ai joué ici, j’ai fini ici, j’ai commencé à entraîner ici, je suis resté habiter ici, je suis tombé amoureux de ce club alors que je viens du sud-ouest. » Il souligne aussi l’apport de Pierre Mignoni, qui a insufflé un nouveau tempérament à un club parfois perçu comme « un peu fade ». « Je ne resterais pas dans un club fade. Quand je suis parti en 2019, j’avais le sentiment de ne pas avoir fini l’histoire. »
Le manager s’attache à soulager ses joueurs des pressions accumulées : « J’essaie d’enlever aux joueurs cette charge mentale qu’ils ont subie. C’est mon rôle auprès de Baptiste (Couilloud), Dylan (Cretin), Félix (Lambey), tous ces mecs qui sont là depuis dix ans et ont vécu ça. Il faut les soulager. Maintenant, il s’agit de ne pas terminer trois ans de suite onzième ou douzième. J’aimerais évidemment que ça aille plus vite, mais j’apprends la patience. »
Interrogé sur la discrétion de la présidence, il défend avec fermeté Marc-Antoine Ginon et son père Olivier, actionnaire majoritaire : « Mais ils sont là tous les jours ! Des présidents omniprésents, dans la presse et ailleurs, ce n’est pas Lyon. GL (le groupe GL Events, propriété d’Olivier Ginon) a récupéré l’exploitation du Stade de France pour trente ans. Ils ont l’exploitation de ce qui représente la finalité du Top 14, donc emmener son club là-bas, c’est forcément une ambition. »
Pour conclure, Karim Ghezal insiste sur la force du centre de formation lyonnais, classé deuxième derrière Toulouse : « On vient de faire un séminaire sur l’identité du club, qui a une longue histoire et n’est en Top 14 que depuis dix ans. On doit être le club avec le plus de licenciés, notre centre de formation a terminé à la 2e place, mais ce n’est pas mis en avant. Cette saison, sept jeunes joueurs issus de la formation ont joué leur premier match, il y a l’arrivée d’une nouvelle génération lyonnaise, mais qui le sait ? »
Il évoque fièrement les générations passées et actuelles : « Il y a eu la génération époque (Pierre) Mignoni avec (Baptiste) Couilloud, (Félix) Lambey, (Thibaut) Regard, (Dylan) Cretin, (Léo) Berdeu. Celle arrivée avec Garba (Xavier Garbajosa), (Ethan) Dumortier, (Alfred) Parisien, (Alexandre) Tchaptchet, (Mickaël) Guillard, (Théo) William. Et depuis, rien. Ils arrivent. Antoine Deliance, c’est le capitaine des U20. Félix (Lambey) m’a dit : “donne lui le brassard en Afrique du Sud (contre les Lions en Challenge Cup, le 10 janvier, défaite 42-33)”. Dans quelques années, il sera le capitaine du LOU. Baptiste (Couilloud) a pris Lilian Barret sous son aile. Son père a joué ici. Ces deux-là, Bartholomé Sanson, Charly Mignot, Esteban Gonzalez, Dorian Diabou, tous ont débuté cette année. »
À travers ce discours, Karim Ghezal affiche une vision à long terme, marquée par la patience, la reconstruction et la fierté d’un club en pleine mutation.







