
Au Pays Basque, la crise s’installe à l’Aviron Bayonnais. Après avoir espéré lancer enfin sa saison 2026 face au Racing 92, le club s’est une nouvelle fois incliné à domicile (36-41). Cette deuxième défaite consécutive à Jean-Dauger plonge Bayonne à une inquiétante 12ᵉ place, à neuf points du Top 6.
### Un capitaine « sonné » et sans solutions
Arthur Iturria, capitaine et pilier de l’équipe, ne cache pas son désarroi au coup de sifflet final. Épuisé par la fragilité mentale et physique de ses coéquipiers, le troisième ligne dresse un constat d’impuissance qui illustre l’état d’esprit délabré du vestiaire.
« C’est dur », confie-t-il dans les colonnes de *L’Équipe*, avant de poursuivre : « Je ne veux pas parler à chaud, je ne le fais jamais, mais la confiance n’est plus là. »
Longtemps, le club s’est réfugié derrière l’argument des absences majeures. Pour Iturria, cette justification ne tient plus aujourd’hui : « On s’est caché derrière les absents, ils étaient de retour et on voit que ce n’est pas ça. »
### L’identité de « chiens de la casse » s’est envolée
À des années-lumière de l’épopée exceptionnelle qui avait mené Bayonne en demi-finale la saison dernière, les joueurs semblent avoir perdu leur ADN. Ce ne serait pas un problème de talent, mais un manque d’engagement de base.
« On est venu nous chercher car on était des revanchards, on était des chiens de la casse que les autres clubs ne voulaient pas », rappelle Iturria. Il épingle aussi une faiblesse défensive criante : « Plonger dans les jambes, ça ne demande pas de talent. La défense, c’est pas si compliqué. »
### Grégory Patat face au spectre de la crise
Du côté du staff technique, c’est la confusion qui prédomine. Malgré une préparation jugée solide, le manager Grégory Patat ne comprend pas cette dérive.
« On a donné trop de points faciles, et nous pour marquer, on a puisé dans nos réserves. Nous sommes touchés et affectés par cette défaite. Je n’ai pas d’explication, et ça va m’empêcher de dormir. Mais je trouve qu’on est moins en bloc, moins en équipe », déplore-t-il.
Le demi de mêlée Baptiste Germain résume parfaitement le retournement de situation : « Pendant une grosse période, la pièce tombait du bon côté, maintenant, elle tombe du mauvais côté. »
### Une zone de turbulences à venir
La blessure de Joris Segonds, contraint de sortir en béquilles, complique encore un peu plus la tâche. Avec un déplacement périlleux à Clermont, en pleine forme, l’avenir immédiat de l’Aviron Bayonnais s’annonce mouvementé.
La trêve de quinze jours suffira-t-elle à redresser la barre et éviter que cette saison soit définitivement compromise ? La réponse est attendue avec impatience dans un club en pleine tourmente.






