Samedi après-midi, le LOU Rugby a imposé sa loi face à Montauban lors de la 17e journée du Top 14, s’imposant sur un score écrasant de 73 à 12 au Matmut Stadium.
À l’issue de ce succès sans appel, le manager lyonnais Karim Ghezal a confié ses appréhensions avant le match : « Je craignais ce match depuis une dizaine de jours déjà. On savait qu’il ne fallait surtout pas le manquer. On pouvait basculer avec Perpignan, qui essaie toujours de nous rattraper, et cette 12e place où nous étions bloqués depuis plusieurs semaines. C’était un match à préparer avec beaucoup de sérieux, malgré les internationaux absents et quelques blessés, comme par exemple Iosefo Masi qui s’est blessé à l’entraînement cette semaine. Depuis quelque temps, on travaille bien. Ce résultat est le fruit de ce travail. Il était important de passer ce cap. »
Le technicien a également souligné l’impact des conditions météorologiques et le début de la rencontre : « J’avais un peu peur de la météo, de ne pas pouvoir jouer le match que nous voulions. Il y a la première période bien sûr aidé par le carton rouge… Mais dès la première action, avec un essai sur notre premier temps de jeu, on a senti quelque chose. Même après, malgré la pluie et un peu de déchet, on bat ce soir le record d’essais inscrits ici au Matmut Stadium. C’est très important. On avait déjà battu le record de points inscrits à l’extérieur à La Rochelle. Ce sont des étapes que l’on coche, des signes que l’on avance. »
Fier de ce succès, il a tenu à saluer le soutien du public : « Je suis très heureux de partager cela avec notre public. Comme je l’ai déjà dit, nous nous sommes déplacés neuf fois. Ce soir, on rééquilibre un peu les choses. Il nous reste cinq réceptions sur les neuf derniers matchs. On aura besoin d’eux pour pousser avec nous et gagner des matchs comme celui d’aujourd’hui. »
Le manager a ensuite mis en lumière un « facteur X » de la rencontre, Jiuta Wainiqolo, en insistant sur l’esprit collectif : « À La Rochelle déjà, on avait réalisé 300 plaquages… Cela montre un vrai sérieux défensif, en plus des qualités offensives que l’on possède. Avant le match, je leur ai parlé de travail collectif. Bien sûr, nous avons des joueurs que l’on pourrait qualifier de facteurs X, mais c’est avant tout le collectif qui compte. Même Jiuta (Wainiqolo) ce soir a incarné cet état d’esprit. Il aurait pu marquer d’autres essais tout seul. »
Il a rappelé un geste fort illustrant cette mentalité : « Quand je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas marqué sur cette action où il offre un essai à Gabin (Lorre) alors qu’il était dans l’en-but, il m’a répondu ‘pour le collectif’. Il sait combien c’est important. Gabin n’avait pas encore marqué à domicile. Offrir cet essai, c’était pour la confiance, pour faire grandir l’équipe. Cela montre que le joueur a des qualités individuelles, mais qu’il pense d’abord au groupe. »
Regardant vers l’avenir, Karim Ghezal s’est réjoui des progrès de l’équipe et de son identité en construction : « Les 80 minutes d’aujourd’hui nous permettent d’avancer au classement, et c’est essentiel. Cela nous donne aussi de la matière pour continuer à travailler, que ce soit la semaine ou pendant les temps off. Avec le staff, le président et tout le club, nous travaillons sur l’identité. Je l’ai dit en interview cette semaine : nous sommes dans un club qui n’est pas fade, un club qui a beaucoup d’atouts. À nous de les montrer et de les faire connaître. J’ai une pensée pour Thomas Marceline, qui marque son premier essai, symbole de ces jeunes qui arrivent. Sanson et Deliance étaient ‘24ème’ ce soir. Esteban Gonzalez marque aussi. C’est une génération de Lyonnais qui arrive, mais il y a également des joueurs comme Janse Roux, des joueurs étrangers qui donnent énormément pour le club. »
« Nous devons travailler sur ce qu’est l’identité du LOU, sur ce que signifie ‘être un joueur du LOU’ : représenter le club et une ville à l’histoire forte. Ce sont des choses que l’on construit en dehors des 80 minutes sur le terrain. Le recrutement va aussi dans ce sens, comme on l’a fait avec Jiuta. Peu importe d’où l’on vient : si tu donnes au club, le club te le rendra. »
Enfin, il a salué la jeunesse et les recrues incarnant cet esprit : « Ce soir, Thomas Marceline représente cette jeunesse et tous ceux qui travaillent pour elle. Moi, j’arrive à la fin, pour les faire jouer. Ce n’était pas simple pour lui : il a évolué au talon face à une équipe très forte en défense en touche, sous la pluie. Je suis très heureux qu’il ait inscrit son premier essai. C’est le symbole du message que nous voulons faire passer. Beaucoup de jeunes arrivent. Les recrues doivent aussi s’inscrire dans cet état d’esprit, à l’image de Janse Roux, de Jiuta Wainiqolo. »
Il a également mis en avant l’exemplarité de son capitaine Sam Simmonds : « Sam Simmonds, aujourd’hui capitaine alors qu’il est au club depuis six mois, en est un autre exemple. J’avais demandé aux joueurs de poser des actes plutôt que des paroles. Lui en montre depuis le début de saison et devra encore nous apporter davantage. Le nommer capitaine, c’est aussi une façon d’aller le chercher, de le pousser à continuer à progresser. S’il est capitaine, c’est qu’il a envoyé beaucoup de signaux positifs. Tout le monde a sa place ! »







