Au lendemain de la sévère défaite du Pays de Galles face au XV de France (54-12) dans le Tournoi des 6 Nations, la presse française et internationale salue unanimement la performance éclatante des Bleus tout en pointant du doigt la crise profonde qui frappe les Gallois, battus à domicile dans un Principality Stadium en partie déserté.
Dimanche à Cardiff, les seuls chants audibles étaient ceux des supporters français. Visiblement découragés, les Gallois ont boudé les tribunes de leur antre légendaire, un pressentiment confirmé par la lourde défaite infligée par l’équipe de Fabien Galthié lors de cette deuxième journée de la compétition.
Ce lundi, les médias hexagonaux se laissent emporter par l’euphorie. « Les Bleus tout schuss » titre L’Équipe, tandis que son compte-rendu parle d’« une débauche de jeu et une efficacité impressionnante qui rendent impatient de voir le reste du Tournoi » après « un après-midi euphorique ». Jean-Baptiste Élissalde, ancien joueur et entraîneur, témoigne lui aussi de son admiration : « L’équipe de France est bien organisée, hyperdisciplinée, elle maîtrise enfin les airs, et elle semble au-dessus de tout le monde ».
Midi Olympique insiste sur la domination française à travers un article intitulé « Esthétisme et ruines galloises », soulignant que « la France avance avec autorité et reste seule en course pour un grand chelem qui ne relève déjà plus du fantasme ».
Outre-Manche, l’écho est similaire, bien que teinté d’amertume. La BBC Sport ironise sur la modestie affichée par Fabien Galthié, qui a qualifié la performance française de « raisonnablement bien jouée », une déclaration qui « devrait semer la peur en Italie, en Écosse et en Angleterre ». Mais les journalistes britanniques n’éludent pas la débâcle galloise, parlant d’une « descente aux enfers » pour le XV du Poireau.
La presse locale galloise déplore une situation dramatique : « C’est déchirant, triste, honteux », confie un supporter à la sortie du stade. Pour Wales Online, « le Pays de Galles est désormais la risée du monde du rugby » et souffre d’un manque chronique de moyens alloués au rugby depuis plusieurs années. « Voilà ce que devient le Pays de Galles : une équipe sans espoir face aux grandes nations, incapable de maintenir un score honorable, et encore moins de gagner. »
Le symbole de cette crise est la faible affluence au Principality Stadium, avec 15 000 sièges vides dès le coup d’envoi, un record négatif dans l’histoire du Tournoi. The Guardian exprime sa consternation : « Nous n’avons plus de mots pour décrire cela. Un autre match dans ce qui fut jadis le plus fervent temple du rugby, une autre déroute, une autre humiliation. »
La chaîne ITV Wales dénonce aussi l’atmosphère presque surréaliste entourant cette rencontre : « Avant le match, La Marseillaise était sans doute plus bruyante que Hen Wlad Fy Nhadau. Durant le match, des chants joyeux en français accompagnaient les exploits de leurs héros qui perçaient les défenses galloises ». Pour conclure, elle dépeint l’effritement symbolique du rugby gallois : « Chaque essai érode un peu plus les fondations de ce qui fut jadis une grande cathédrale du rugby mondial, mais qui s’effrite désormais à chaque défaite. »






