
Après seulement deux journées, les questions autour d’un possible Grand Chelem hantent déjà les interrogations des médias. Antoine Dupont, fidèle à son calme légendaire, préfère dévier la pression : « Vous allez faire votre boulot, nous, on va faire le nôtre. » De son côté, le sélectionneur Fabien Galthié ne se fait pas le pompier de service : « On ne peut pas empêcher d’en parler. »
Ces remarques trouvent leur explication dans une équipe de France en grande forme, qui semble intouchable. Jamais depuis 2017, les Bleus n’avaient engrangé 10 points après deux rencontres. Grâce à une charnière remarquable, notamment l’apport essentiel de Ramos, la France affiche un total impressionnant de 13 essais et une rigueur disciplinaire exemplaire.
Pourtant, le capitaine Dupont invite à la prudence : « On a l’expérience pour se dire que, jusqu’à la dernière journée, le Tournoi n’est jamais gagné. » Une leçon tirée des précédents échecs contre l’Écosse ou l’Irlande, qui ont souvent brisé les rêves de Grand Chelem.
La force majeure de cette équipe réside aussi dans son réservoir de joueurs polyvalents. Fabien Galthié dispose d’un banc profond capable d’absorber l’absence de cadres clés comme Alldritt ou Fickou sans perte de qualité. Le repositionnement de Charles Ollivon en deuxième ligne et l’émergence des jeunes talents paloise Brau-Boirie et Gailleton témoignent de cette richesse. Antoine Dupont souligne même ce côté « amphibie » de la sélection, capable de s’adapter à toutes les conditions et à tous les adversaires.
Malgré ce tableau flatteur, le parcours reste truffé de pièges. Théo Attissogbe alerte : « Même si on a été plutôt précis et qu’il y a beaucoup de positif, il y aura des choses à revoir, en tout cas j’en ai quelques unes en tête. » Après la réception d’une Italie solide, le défi majeur sera le déplacement à Murrayfield pour affronter une Écosse galvanisée par sa récente victoire contre l’Angleterre.
Le mot d’ordre demeure la concentration. Antoine Dupont insiste : « prendre les matchs les uns après les autres ». Une stratégie prudente, mais indispensable pour transformer ce boulevard en sacre historique lors du « Crunch » le 14 mars prochain.







