Longtemps cantonnée au rôle d’outsider dans le Tournoi des Six Nations, l’Italie rugby version 2026 impose désormais un nouveau visage. Performante, structurée et résolument compétitive, la Nazionale confirme match après match une montée en puissance anticipée par certains observateurs avant même le coup d’envoi.
Parmi eux, Rassie Erasmus, le sélectionneur des Springboks, réputé pour ses déclarations franches. Après la victoire sud-africaine contre l’Italie à Turin en novembre dernier, Erasmus n’avait pas hésité à projeter l’équipe transalpine dans le haut du classement du Tournoi, comme l’a rappelé le journal L’Équipe.
« Si je devais faire un pronostic, je dirais qu’elle terminera deuxième ou troisième du Tournoi des Six Nations. Pour moi, cette équipe est sur une vraie dynamique ascendante. Elle est très sous-estimée », avait-il déclaré.
Ces propos ne sont pas anodins. Quelques mois plus tôt, Erasmus avait tenu des propos similaires, mais en privé, auprès de Gonzalo Quesada, le sélectionneur italien. Arrivé à la tête de la Nazionale en janvier 2024, l’ancien manager du Stade Français conserve un souvenir marquant de cette reconnaissance venue du sommet.
« J’étais très touché, nous confie-t-il. Après nous avoir beaucoup analysés, il sentait que l’équipe progressait et trouvait intéressant ce qu’il voyait dans notre jeu. Puis en novembre, on a fait une belle partie contre eux et Rassie a encore été très sympa avec nous. Ça fait vraiment plaisir bien sûr. C’est la plus grande référence du rugby mondial et il n’était pas obligé de le faire. »
Depuis, les résultats confirment cette dynamique. Une victoire inaugurale 18-15 contre l’Écosse, suivie d’une défaite encourageante 20-13 en Irlande, attestent du progrès de la Nazionale malgré l’absence de nombreux cadres comme Ange Capuozzo ou Martin Page-Relo.
Gonzalo Quesada loue la richesse humaine de son groupe : « Les choix sont plus réduits et on a moins de moyens que d’autres nations, mais on parvient à les optimiser. Et c’est ce qui m’a séduit dans ce projet. Même si le rugby dans le pays ne traverse pas un moment facile, avec des difficultés financières, on peut bien bosser avec l’équipe nationale. On ne se plaint pas. Tout est fait pour nous mettre dans les meilleures conditions. »
Autre changement notable, la défense longtemps point faible est devenue un atout majeur. L’Italie, moins en possession de balle, est désormais l’équipe qui plaque le plus et qui vole le plus de touches du Tournoi, une rigueur incarnée par les frères Cannone, véritables piliers défensifs.
Quesada assume pleinement cette approche pragmatique : « On sait qu’on est derrière le top 5, mais on est clairement sur une pente ascendante. On a les pieds sur terre, mais on veut gagner plus. Notre objectif est d’être consistants et de rivaliser. »
À l’approche du choc face à la France de Fabien Galthié, l’Italie avance sans complexes, consciente de ses progrès, mais sans illusions excessives.






