Le sport de haut niveau est parfois le théâtre de récits de résilience qui transcendent le simple cadre du jeu. Ce dimanche, lors de la réception de l’Italie à Villeneuve-d’Ascq, la présence de Pierre-Louis Barassi sur la feuille de match symbolise une victoire sur le destin.
Pour le centre toulousain, ce retour sous le maillot bleu met fin à un long tunnel de trois mois, commencé un soir de novembre face aux Fidji. Ce jour-là, il avait été victime d’un choc frontal d’une violence rare, entraînant des séquelles neurologiques handicapantes.
Loin des terrains, son combat s’est déroulé dans la pénombre, où chaque source de lumière devenait une souffrance. Il confiait à La Dépêche : « J’avais des migraines, j’avais des difficultés à regarder, à me concentrer avec la luminosité. La luminosité me faisait mal. J’avais du mal dès que je réfléchissais… »
Face à cette incertitude, le joueur de 27 ans a dû faire preuve d’une immense patience, conscient que l’enjeu dépassait sa carrière sportive. « C’est une partie du corps qui est très importante pour une carrière, mais pour une vie entière. Donc, parfois, il faut savoir un peu prendre son mal en patience pour justement ne pas prendre de risque pour sa vie », expliquait-il.
Refusant de faire une « fixette » sur le Tournoi des Six Nations, Barassi a choisi de se concentrer sur son retour progressif avec Toulouse. Rapidement, sa polyvalence et son profil de finisseur ont convaincu Fabien Galthié de le réintégrer dans le groupe des 23, une décision largement soutenue dans son entourage.
Son coéquipier et partenaire de chambre, Kalvin Gourgues, exprime toute son admiration : « Je suis très content pour lui parce qu’il a vécu des mois assez compliqués avec sa blessure lors du match face aux Fidji. Le voir revenir avec la banane et l’envie de jouer, de se donner à fond, ça fait toujours plaisir. C’est une super personne donc je suis très content pour lui. »
Face à une Italie qu’il avait déjà su dominer, « Barass » est prêt à tourner définitivement la page. Le rugby redevient un plaisir, la douleur s’efface peu à peu.







