Le consultant rugby de L’Équipe, Jean-Baptiste Elissalde, dresse un bilan mitigé de la victoire bonifiée des Bleus contre l’Italie ce dimanche à Lille. Malgré un succès affiché sur le score de 33-8, l’ancien joueur se dit déçu par la prestation offensive de l’équipe de France.
« Avant de lire, sachez la chose suivante : qui aime bien châtie bien. Et évidemment, j’aime bien l’équipe de France… Mais face à l’Italie, je m’attendais à vraiment mieux. Bien sûr, il y a la victoire, le bonus offensif, et des points toujours positifs comme la touche, la défense, la discipline. Mais je suis déçu de ce que les Bleus ont proposé sur leurs possessions », explique Elissalde. Il souligne que les essais français, bien que nombreux, proviennent principalement de situations simples : « il y a deux essais à une passe, un autre inscrit à 15 contre 13, et deux essais marqués après des séquences offensives dignes de ce nom, qui ont d’ailleurs été les seules du match. »
Pour lui, la progression italienne ne justifie pas ce bilan offensif jugé trop léger : « ce n’est pas un adversaire de l’acabit de ceux que les Bleus pourraient croiser en phases finales de Coupe du monde dans un an et demi. J’aurais aimé voir trois-quatre grosses séquences de plus. »
Jean-Baptiste Elissalde met en cause une possible fatigue accumulée : « Peut-être qu’il y avait un peu d’usure pour ce troisième match de rang. J’ai en tout cas noté un manque d’énergie chez des joueurs importants pour assurer la continuité du jeu, comme Jégou et Cros. » Il note aussi l’absence des deuxièmes lignes hybrides Guillard et Ollivon, qui a pu perturber le soutien dans le jeu.
Les erreurs techniques et les pertes de balles ont également marqué la rencontre. « Les Français ont perdu six ballons dans les rucks, où il est vrai aussi que les Italiens mettaient les mains partout. J’ai noté par ailleurs des lancements de jeu pas très huilés et des gestes techniques ratés, derrière lesquels on peut lire un peu trop de confiance ou de facilité : les deux mauvais coups de pied et la claquette dans son en-but de Ramos, la passe volleyée de Jegou… Avec un Attissogbe en difficulté sur les ballons hauts, il a été aussi plus difficile d’avoir les fulgurances habituelles en contre-attaque. »
Enfin, Elissalde regrette une animation offensive trop timide. « Qu’on ait peu vu l’animation offensive avec les deux “10”, c’est logique, parce que les Italiens montaient vite, ce qui rendait compliqué de faire deux longues passes sur la largeur, comme on l’a vu avec la passe interceptée de Ramos en première période. En revanche, il y avait moyen de se reposer sur l’animation où les avants se présentent nombreux autour d’Antoine Dupont, mais on ne l’a pas assez vu… sauf justement sur les deux essais construits. »
Si le bilan comptable reste positif, la démonstration attendue n’a pas été au rendez-vous selon Elissalde, qui appelle les Bleus à élever leur niveau offensif avant les échéances majeures à venir.







