Thomas Ramos, habituellement arrière du XV de France, a été repositionné à l’ouverture lors du match face à l’Italie ce dimanche après-midi. Une décision prise après le forfait de Matthieu Jalibert, qui a contraint le staff à revoir sa stratégie.
Interrogé par L’Équipe, le joueur toulousain est revenu sur cette rencontre marquée par une opposition physique de la part des Italiens. « Aujourd’hui (dimanche), c’était un match totalement différent des deux premiers (contre l’Irlande et le pays de Galles). Et ce n’est pas plus mal. On savait que ça allait taper dur. Physiquement, les Italiens sont très costauds, ils ont mis beaucoup de densité physique au milieu du terrain. »
Face à cette pression, le XV de France a volontairement modifié son style de jeu. « On a eu moins de ballons rapides dans les rucks. Et nous, on avait décidé de changer un peu de stratégie, d’avoir un jeu offensif différent des deux premiers matches. On est très contents des 5 points, de la façon dont on a construit notre match et du fait de n’avoir encaissé que 8 points en tout. »
Thomas Ramos a aussi détaillé l’analyse pointue des Italiens sur leurs adversaires. « On s’attendait à ce que les Italiens aient vu nos deux premiers matches, avec nos combinaisons avec les deux passes 9-10 et 10 pour nos cellules d’avants qui arrivaient. On s’attendait à ce qu’ils nous shootent sur ces actions-là et on a donc décidé de démarrer le match autrement. »
Le repositionnement tactique s’est confirmé après une interception sur une tentative de passe classique entre le demi de mêlée et le demi d’ouverture : « Le seul moment où on a fait ça, 9-10 et 10 pour nos avants, on s’est fait intercepter. Ça montre qu’ils nous avaient bien analysés et qu’ils comptaient nous mettre beaucoup de pression sur ces phases-là. On est revenus à un jeu un peu plus basique, où on a envoyé nos avants dans un premier temps. Il y a eu aussi un énorme duel de jeux au pied, qu’on n’a pas toujours remporté. En seconde période, on a quand même un peu renversé la tendance. »
Le changement de poste de Ramos, lui, a été annoncé de façon informelle avant la réunion d’équipe. « Je le savais un peu avant parce que j’avais échangé avec Matthieu Jalibert après son IRM. Sinon, oui, on faisait une partie de cartes avant la réunion quand on me l’a officiellement annoncé. Rien de fou, mais c’est sûr que c’est dommageable pour Matthieu qui n’a pas pu jouer ce match. Être forfait une veille de match, ça ne fait jamais plaisir pour le joueur. »
Malgré ce coup dur, le collectif a su s’adapter sans faillir. « On était tous déçus pour lui. Mais ça montre aussi la maturité des mecs dans l’équipe qui ont été impactés par ce changement. Aucun des jeunes ne s’est posé de questions, ils ont tous basculé tout de suite, chacun savait exactement ce qu’il avait à faire et ça s’est plutôt bien passé. »
Sur le terrain, Thomas Ramos assure que cette adaptation n’a pas bouleversé leurs automatismes. « Au final, notre système de jeu réadapté, avec plus un jeu d’avants que de trois-quarts, a permis à Théo de s’occuper essentiellement du rôle de 15. De toute façon, sur les entraînements, on est habitués à ce que je passe 10 et que Théo passe à l’arrière. Le fait qu’on tourne régulièrement depuis quatre semaines nous a aidés à ne pas être perturbés. Théo, dans ce rôle-là, m’a beaucoup aidé par sa communication, c’était plutôt agréable. »
Aux côtés d’Antoine Dupont à la charnière, la communication reste la clé. « Moi, je prône la communication. Si on est sur un terrain de rugby et qu’on ne communique pas, c’est très compliqué de jouer ensemble et de trouver des solutions. Donc, même si on se connaît par cœur, on communique beaucoup sur le terrain. C’est évident. »
Enfin, Thomas Ramos souligne l’importance de la semaine de repos à venir, inédite dans ce nouveau format avec trois matches consécutifs : « Oui, parce que c’est un nouveau format. C’est la première fois qu’on joue trois matches d’affilée. Les deux premiers matches ont été très intenses en termes de temps de jeu, avec quarante-deux minutes contre l’Irlande et quarante-cinq à Cardiff, donc ça a pas mal couru et on a mis un peu plus de temps à récupérer après le pays de Galles. »
« Donc oui, on prend cette semaine de repos avec plaisir, d’autant qu’on va enchaîner contre l’Écosse, une équipe joueuse qui a paquet d’avants hyper mobiles et des trois-quarts qui vont très vite. Ça va nous permettre de souffler un peu et de revenir dans une semaine avec plus d’énergie. »







