Le Tournoi des 6 Nations 2026 soulève une question cruciale : assiste-t-on à une crise de niveau ou simplement à la démonstration d’une supériorité française écrasante ? Après trois matchs, les Bleus de Fabien Galthié, invaincus avec trois victoires bonifiées, semblent évoluer dans une autre dimension, éclipsant le suspense habituel de la compétition.
### Le contrecoup physique et mental de la tournée des Lions
Une des causes principales de ce déséquilibre réside dans l’usure des nations britanniques. Historiquement, les années post-Lions sont favorables à la France, et cette édition ne fait pas exception. Derrière une fatigue accumulée et une phase de reconstruction difficile, les adversaires traditionnels des Bleus peinent à suivre le rythme.
L’international anglais Tommy Freeman illustre parfaitement ce sentiment de saturation dans une interview accordée à *Midi Olympique* : « mon club m’a donné cinq semaines de repos après la tournée, je pensais que ça allait, que mon corps avait bien récupéré. Le corps peut-être, mais pas la tête. En comptant la tournée des Lions, j’ai disputé 34 matches, ça fait beaucoup de rugby. Peut-être que j’aurais dû mieux gérer mes vacances, avec moins de voyages à travers le monde, et rester simplement assis au soleil. »
### Une France au sommet face à une concurrence en transition
Pendant que l’Italie progresse et devient un adversaire plus redoutable, les autres nations britanniques peinent à trouver leur rythme. Le Pays de Galles est en phase de reconstruction, l’Écosse manque de constance, et l’Irlande paraît moins souveraine qu’auparavant.
Cette situation renforce l’impression d’un tournoi à deux vitesses, où la France récolte les fruits d’une structuration entamée depuis plusieurs années.
Pour autant, le sélectionneur Fabien Galthié reste prudent avant le déplacement à Murrayfield : « Mais attention les Écossais…, Je ne vais pas vous faire un dessin. »
Alors que la route vers un nouveau Grand Chelem semble largement ouverte pour Antoine Dupont et ses partenaires, ce millésime 2026 risque de demeurer dans les mémoires comme celui où l’écart entre le leader français et ses poursuivants a été le plus spectaculaire, relançant le débat sur la compétitivité réelle du rugby européen cette saison.







