La mêlée du XV de France a montré certaines faiblesses face à l’Italie dimanche dernier à Lille, mais pas de quoi susciter une inquiétude excessive, selon Patrice Collazo.
Interrogé par Midi Olympique, l’entraîneur expert a analysé en détail le combat auprès des avants tricolores, expliquant pourquoi l’Italie a pris l’ascendant à partir de la fin de la première période.
« J’ai compté seize mêlées au total, ce qui est beaucoup pour le niveau international. J’ai le sentiment que l’Italie a dominé la mêlée à partir de la fin de la première mi-temps, notamment les deux dernières du premier acte où les Bleus sont au point de rupture. La blessure de Jean-Baptiste Gros tombe mal, et ce n’est pas facile pour Rodrigue Neti d’entrer en jeu face à une équipe très en place comme l’Italie », relève Collazo.
Malgré un départ prometteur des Bleus, qui « gagnaient très vite l’engagement et la position pour ne pas laisser le droitier Simone Ferrari s’installer », l’Italie a su exploiter un positionnement particulier de ses piliers. « Le gaucher est légèrement décalé en arrière, ce qui fait qu’ils essayent déjà d’installer Ferrari dans la mêlée et ils laissent entrer le droitier adverse, en l’occurrence Dorian Aldegheri dans ce qui est un faux espace. C’est comme cela que les Italiens font ‘péter’ les mecs en face », détaille l’entraîneur.
Il insiste également sur la technicité italienne, notamment celle de Ferrari, pilote discret mais redoutablement efficace : « Il n’est pas un gros gabarit mais il est hyper technique. Il a besoin de prendre très bas et de défendre la position. Et, ensuite, le gaucher travaille dans un deuxième temps. »
En seconde période, la mêlée française a rencontré plus de difficultés. Collazo souligne un fait rare : « À la 60e et après une touche pas droite des Italiens, la France a demandé la touche et non la mêlée ! C’est rare… » Pour lui, si « le match ne s’est pas joué sur le secteur de la mêlée, ce dernier a permis aux Italiens de rester à flot alors qu’ils n’avaient pas de touche », renforçant ainsi leur confiance.
Un arbitre capricieux a aussi joué un rôle : « Leur mêlée aurait même dû leur permettre de revenir à quatre points car l’arbitre siffle contre les Français avant de retourner la pénalité. Cela aurait pu être un tournant du match, d’autant qu’elle était en face des poteaux. »
En conclusion, Patrice Collazo tempère les critiques : « Je ne suis pas très inquiet pour cette mêlée : il a fallu gérer le retrait d’Uini Atonio. Dorian Aldegheri est le plus expérimenté et ses performances ont été très cohérentes, Régis Montagne est encore un jeune joueur qui a fait une tournée de novembre intéressante et George-Henri Colombe a besoin de temps de jeu et d’enchaîner. »







