Une enquête exclusive de L’Équipe révèle un scandale inquiétant au cœur du rugby français. Un rapport d’audit interne, daté de juin 2025, dénonce les agissements d’un kinésithérapeute ayant exercé auprès de l’équipe de France de rugby à 7 entre 2017 et 2022.
Ce document met en lumière un « malaise profond, durable et partagé » parmi douze internationales françaises, tout en pointant de graves carences managériales.
### Des alertes répétées, restées sans suite
Le rapport détaille une série de signalements ignorés pendant plusieurs années. Dès 2019, une joueuse avait fait part de son inconfort lors d’un soin où le kiné avait touché ses parties intimes. Malgré des excuses du kinésithérapeute devant le staff, aucune procédure disciplinaire n’avait été engagée.
Trois ans plus tard, une nouvelle plainte impliquant une joueuse mineure n’a conduit qu’à un simple changement d’affectation du kiné vers les moins de 20 ans.
L’entreprise AD Conseil, chargée de l’audit, se dit catégorique après avoir recueilli une cinquantaine de témoignages. Elle évoque un « corpus de récits cohérent, précis et circonstancié, qui dépasse le registre du ressenti subjectif ou du malentendu isolé ».
L’enquête dénonce également que « l’absence de réactions managériales claires a conduit les joueuses à garder le silence pendant plusieurs années ».
### Des sanctions tombent, mais les responsabilités restent contestées
Les conclusions du rapport ont provoqué une onde de choc au sein de la Fédération française de rugby (FFR), comme le rapporte RMC Sport. Le kiné mis en cause a été licencié pour faute grave, à l’instar de Jacques Girardin, directeur médical de la FFR, sanctionné pour s’être « abstenu de signaler » plusieurs faits.
Ce dernier nie toutefois toute responsabilité, dénonçant « une enquête interne déloyale et partiale ». Le management de David Courteix, alors entraîneur, est aussi critiqué : l’audit le décrit comme « fondé sur une centralisation marquée, une faible tolérance à la contradiction et la marginalisation de certaines voix au sein du staff médical ».
Bien que David Courteix ait été mis à pied en 2025, une enquête administrative du ministère des Sports l’a innocenté début 2026.
Alors qu’une enquête pénale est en cours, la FFR s’est portée partie civile dans ce dossier qui fragilise durablement l’institution.







