À 34 ans, Ben Tameifuna, surnommé « Big Ben », n’est plus seulement le pilier massif de 151 kg que les adversaires redoutent. Il est devenu le véritable leader d’un vestiaire en quête de repères, surtout en l’absence de ses joueurs internationaux.
Récemment, il a fêté son premier capitanat à l’occasion d’un match de Top 14 contre Montauban, une étape symbolique pour celui qui guide désormais l’Union Bordeaux-Bègles par l’exemple.
### Un leader discret mais respecté
Peu enclin aux longs discours et souvent réservé face aux micros à cause de son français hésitant, le Tongien impose néanmoins une aura naturelle qui séduit et fédère ses coéquipiers. Son manager, Yannick Bru, ne cache pas son admiration : « J’ai juste envie de féliciter les joueurs pour leur capacité à s’être soudé autour de Ben Tameifuna, qui a été magnifique dans la semaine qu’il a gérée autour de lui en tant que capitaine. »
Pourtant, Tameifuna lui-même était surpris par sa nomination en tant que capitaine, préférant laisser les discours officiels à d’autres leaders du groupe. « J’étais un peu choqué de ce choix de la part du staff, parce que nous avons des joueurs comme Bastien (Vergnes-Taillefer), Jeff (Poirot) et Romain (Buros) qui ont déjà été capitaines par le passé. Quand Yannick m’a confié ce rôle, j’ai eu un peu peur pour être honnête. J’aime l’équipe et je me devais endosser ce rôle. J’alternais entre le français et l’anglais lorsque je parlais aux gars mais je pense qu’ils ont compris la passion que j’essaye d’apporter à l’équipe. »
### Un « chef de tribu » polyvalent
Sur le terrain, Big Ben fait preuve d’un engagement total, capable de jouer malgré la douleur, comme lors de la finale 2024. Sa polyvalence est un atout précieux : il n’hésite pas à dépanner à des postes inhabituels, comme celui de talonneur où il a réussi plusieurs lancers en touche face à Castres et Montauban. « La hiérarchie, c’était Connor, Jeff et ensuite moi. Comme Jeff, au début de ma carrière dans les années 2010, je jouais au poste talonneur. Parfois à l’entraînement, je m’entraîne aussi à lancer, juste pour le plaisir. Je ne dis jamais non et j’essaie. »
Mais l’influence de Ben Tameifuna dépasse largement les limites du terrain. DJ officiel du vestiaire, barbier attitré des jeunes recrues et figure paternelle pour la colonie des îles du Pacifique, il est le ciment social indispensable au club.
Yannick Bru insiste : « Il possède un leadership et une autorité sur le groupe. C’est le chef de tribu. Il a une forme de sagesse en lui mais aussi une forme d’excès dans… ses soirées à La Dame. Quand il fallait renforcer les liens, nous avons pensé que Ben était la bonne personne pour créer quelque chose. Il est paternaliste. On sait qu’il est le totem de tous les îliens ici. »
En six saisons à Bordeaux, « Big Ben » est devenu le chouchou du public et a prouvé que l’on peut diriger une équipe avec passion, sans grands discours, en incarnant simplement le pilier central d’un projet collectif.







