Baptiste Germain quitte Bayonne pour Clermont à la fin de la saison
Le demi-de-mêlée Baptiste Germain a confirmé son départ de l’Aviron Bayonnais à l’issue de la saison en cours. Non conservé par la direction basque, il a rapidement trouvé un nouveau point de chute : il rejoindra Clermont dès l’été prochain.
Dans une interview accordée à Midi Olympique, le futur Clermontois revient en détails sur cette période charnière de sa carrière et sur son passage à Bayonne.
« Quand il a fallu prendre les opportunités, je pense que je les ai saisies, que ce soit individuellement ou avec le groupe, car je me suis senti de mieux en mieux, sur et en dehors du terrain. Il y a eu la blessure, mais au même titre qu’une carrière, une saison est faite de hauts et de bas. Par la force des choses, j’ai rejoué rapidement, c’est ce qu’il me fallait. Je voulais vite retrouver le groupe dans une position où j’ai été amené à commencer le match. »
Malgré une blessure qui l’a freiné, Germain espère désormais finir la saison en force : « J’espère que ma deuxième partie de saison ne sera pas faite de pépins comme lors des deux derniers mois. Je veux reprendre le train en route avec des bonnes performances, dans un rôle de titulaire, pour finir en beauté les quatre derniers mois qu’il me reste avec l’Aviron. »
L’ailier, auteur de quatre essais cette saison, savoure son impact sur le terrain : « C’est toujours cool de pouvoir le faire. Quand ton numéro neuf fait une bonne sortie de camp, ça te fait du bien. Lorsqu’en plus il score, ça te donne toute la confiance de l’équipe. J’ai pris goût à ça et je veux me redonner l’opportunité de le faire. »
Apaisé par la certitude de son avenir, Germain confie : « Complètement. Regardez, j’ai même pris ma blessure de manière plutôt positive du fait de mes bonnes performances avant celle-ci. J’avais considéré l’année dernière comme une saison d’adaptation. J’avais, devant moi, des vieux “briscards” qui se battaient pour leur place. Je suis arrivé en voulant peut-être un peu forcer les choses et en ne faisant pas les choses naturellement. C’est ce qui m’a causé du tort. J’ai voulu montrer individuellement, lorsque j’ai eu des opportunités de jouer, au lieu de me fondre dans le collectif et gagner la confiance de mes coéquipiers. À cause de ça, je n’ai pas pu trop enchaîner les matchs. »
« Cette saison, avec les blessures, j’ai pu jouer, démarrer les rencontres, enchaîner. J’ai trouvé des automatismes, qu’ils soient individuels ou collectifs. Il y a aussi des paroles, des regards avec les mecs, qui suffisent juste à donner confiance. Je suis assez apaisé. J’avais la sensation d’être épanoui dans ce projet et dans cette équipe, d’être posé au niveau de mon rugby ou sur l’extra-rugby. »
Pour autant, ce départ anticipé lui laisse un goût amer : « Tous les voyants étaient au vert et le fait que je sois amené à bouger (en fin de saison, NDLR) m’a beaucoup affecté. Au lieu de le prendre de manière négative, je me dis que j’ai encore plus envie de m’épanouir sur la fin de saison, pour profiter des derniers mois qu’il me reste, ici. »
Le joueur exprime son regret d’avoir été poussé vers la sortie : « Quand tu penses qu’il te reste un an de contrat, que tout se passe bien, tu te dis que ça y est, ton aventure à l’Aviron bayonnais est lancée. Lorsqu’on te coupe un peu l’herbe sous le pied, au départ, ça te fait chier… Alors même que je savais que mon aventure se terminerait à la fin de la saison, j’enchaînais les bonnes performances. Ma maturité a peut-être grandi sur ça. Il y a quelques saisons, dans la même position, je pense que je me serais refermé dans quelque chose de très individuel sur le terrain. »
« Avec les mecs, peut-être que j’aurais été beaucoup plus renfermé. Là, j’ai vu ça comme une opportunité… Je joue beaucoup et dans une carrière de rugbyman, enchaîner quasiment tous les matchs en tant que titulaire, ça n’arrive pas tous les jours. Je veux donc profiter de ce que j’ai maintenant, ne pas prendre les choses négativement, parce que je suis bien ici, dans cette région, dans ce club et avec ces mecs. »
L’évolution de son jeu s’explique également par une prise de confiance : « J’avais la sensation qu’on me donnait, toujours, un créneau assez “short”. À chaque fois, je me disais qu’il fallait que je montre plus et encore plus. Du coup, j’en faisais trop. Lorsque tu enchaînes les matchs, tu sais que tu as plus de temps pour montrer, tu es plus posé sur le terrain. Au lieu d’avoir quinze minutes en fin de rencontre pour essayer de montrer que tu es au niveau, tu en as soixante ou soixante-dix. Tu sais que tu vas pouvoir prendre des risques, donc tu ne cherches pas à ouvrir les portes. Elles s’ouvrent toutes seules. »
Sans détour, il revient sur la décision de Bayonne de s’en séparer : « J’ai un sentiment d’inachevé, déjà, contractuellement, car il me restait un an de contrat, et ensuite, parce que c’est lorsque les voyants ont le plus été au vert que ce choix-là, “forcé”, est venu. Sur le moment, il y a eu un gros sentiment d’incompréhension. Attention, je pèse mes mots, je n’avais joué que six ou sept matchs titulaires, mais je pense que lorsqu’on m’a donné l’opportunité de montrer les raisons pour lesquelles on était venu me chercher, je l’ai saisie. Malgré ça, ça n’a pas suffi. »
« Je pense, sincèrement, que la décision a été prise beaucoup trop rapidement. Il y a aussi de la frustration, parce que je n’avais pas envie de partir, quoi… Enfin, ce n’est pas que je n’avais pas envie de partir. C’est que ce n’était pas envisageable. Tout se passait bien et il me restait un an de contrat. Je ne connais pas un joueur qui, lorsque tout se passe bien dans son club, a envie de partir un an avant la fin de son contrat. Je ne vais pas dire qu’on m’a forcé, mais le secteur sportif m’a fait comprendre que, l’an prochain, on ne compterait pas sur moi… Quand on te dit ça, même si tu n’as pas envie de partir, tu penses à ta carrière. »
À l’aube de ce nouveau chapitre, Baptiste Germain se dit enthousiaste à l’idée de rejoindre Clermont : « Honnêtement, Clermont a eu un grand intérêt pour moi. L’ASM a vu les qualités avec lesquelles je joue. Dans la carrière d’un rugbyman, quand un club comme Clermont, qui est une grosse écurie du Top 14, te veut vraiment, ça fait plaisir. Aujourd’hui, la décision est prise et je suis très heureux de rejoindre cette belle équipe. Je me suis encore donné l’opportunité qu’un club comme l’ASM veuille de moi. C’est qu’à mon sens, sur le terrain, j’avais des performances assez bonnes. C’est positif. »







