Le rugby français perd l’un de ses piliers historiques. Jeudi soir, lors d’un conseil d’administration, la SASP du Stado Tarbes Pyrénées Rugby a acté une décision lourde de conséquences : le dépôt de bilan.
Le club haut-pyrénéen est désormais plombé par un passif financier de 640 000 euros. Cette situation compromet gravement la survie de son équipe professionnelle engagée en Nationale.
Selon Midi Olympique, la rumeur qui courait s’est confirmée. Incapables de résorber ce déficit structurel, les dirigeants ont voté pour lancer la procédure de dépôt de bilan. Les documents officiels doivent être déposés au tribunal de commerce de Tarbes dans les plus brefs délais. La justice se prononcera sur l’avenir du club avant la mi-mars.
Le Stado Tarbes se trouve à un tournant critique. Deux scénarios sont envisagés : un redressement judiciaire si les magistrats jugent que la pérennité économique est envisageable, ou une liquidation judiciaire immédiate en cas d’impasse totale.
Les conséquences pour les joueurs et le personnel sont lourdes. En cas de liquidation, tous les contrats de travail des joueurs et du staff seront automatiquement rompus. Les sportifs deviendraient alors libres de rejoindre le club de leur choix. Pour les salariés, déjà confrontés à deux mois d’impayés, l’attente sera forte. Ils dépendront du dispositif de l’AGS (Assurance Garantie des Salaires) pour percevoir leurs arriérés, avec un délai possible de deux à six semaines après la décision judiciaire.
Sportivement, ce dépôt de bilan entraînera le forfait général du Stado pour le reste de la saison. Selon le règlement de la Fédération Française de Rugby (FFR), les adversaires du club recevront les points d’une victoire bonifiée, ainsi que 25 points de « goal-average ».
Malgré cette crise majeure qui frappe la SASP, un sursaut d’espoir subsiste du côté de la structure amateur. L’association du Stado Tarbes Pyrénées Rugby, indépendante, n’est pas concernée par la procédure et entend poursuivre ses activités. La formation des jeunes, véritable colonne vertébrale du club, reste ainsi préservée des tourments financiers.
Comme l’a rappelé l’association dans un communiqué :
« Les championnats minimes, Alamercery, Crabos et espoirs, ainsi que les entraînements de l’école de rugby du Stado TPR continuent ».
Ainsi, si la vitrine professionnelle vacille, le rugby tarbais s’efforcera de maintenir ses racines locales intactes.







