À quelques jours d’un match décisif à Clermont ce samedi à 14 h 30, l’Aviron Bayonnais traverse une phase clé de son saison. Depuis le départ de Grégory Patat le 18 février dernier, le club basque s’efforce de garder le cap sous la double impulsion de Laurent Travers et Gerard Fraser.
Si la direction a acté ce changement, la préparation sportive se veut quant à elle une continuité rassurante.
### Une transition en douceur sur le terrain
Sur la pelouse de Jean-Dauger, le quotidien des joueurs n’a guère changé. Laurent Travers, désormais plus présent sur le terrain que derrière un bureau, veille à maintenir les routines de travail. Pour le staff technique, la priorité a été de protéger la préparation du prochain match.
Gerard Fraser, responsable de l’attaque, explique dans Sud-Ouest :
« C’était particulier pour tout le monde. Mon objectif était de ne pas regarder trop loin dans la semaine. Je voulais que les choses soient claires chaque jour. Qu’on soit capables de bien se préparer pour arriver avec des intentions en fin de semaine. »
Interrogé sur ce brusque changement à la tête de l’équipe, le technicien néo-zélandais, arrivé en 2022, reste pragmatique :
« J’ai beaucoup de respect pour ce que Greg a fait. Il a amené d’excellents résultats au club. Après, ce n’est pas ma décision. C’est celle du club. Et mon focus est sur l’avenir, sur les prochains matches, sur la fin de saison. »
Concernant sa relation avec son prédécesseur, Fraser se montre mesuré :
« On a un rapport correct avec Greg. Il faut lui demander mais il est sans doute touché par des choses. C’est normal. Mais c’est aussi une réalité de notre métier. Je regarde vers l’avenir, et je pense que Greg aussi. »
### Le vestiaire entre recueillement et devoir de compétition
L’annonce du départ de Grégory Patat a déclenché de nombreuses marques de soutien au sein du groupe bayonnais. Certains, comme Manu Tuilagi, ont pris le temps d’envoyer un message « pour savoir s’il allait bien », rappelant que « c’est un bon mec, donc ce sont toujours des moments durs à vivre. Je lui souhaite le meilleur pour la suite. »
D’autres joueurs adoptent une posture plus réservée, concentrée sur l’objectif sportif.
Baptiste Chouzenoux témoigne :
« pour le remercier du travail qu’il a fait pour nous. C’était cordial, tout simplement, parce que j’ai apprécié travailler avec lui. »
Pour Joris Segonds, la priorité reste physique. Le demi d’ouverture, qui n’a « pas encore » contacté son ancien manager, déclare :
« J’ai eu d’autres petits soucis à régler. Après le match à Clermont, on sera en vacances. Chacun sera libre de faire ce qu’il veut. Pour le moment, je pense qu’il a besoin d’être tranquille. »
Il souligne cependant la reconnaissance du collectif :
« Entre nous, à l’intérieur du groupe, on a admis le beau travail qu’il a effectué. On l’a remercié et on le remerciera peut-être plus tard d’une autre manière. Ça, nous verrons en interne. »
Puis il rappelle la priorité du moment :
« Le plus important, c’est de se battre à 100 % pour le club. Et là, il nous reste neuf matches pour donner le maximum pour l’institution. »
### Une gouvernance sportive partagée
L’apport de Laurent Travers, bien qu’expérimenté dans le Top 14, est encore mesuré :
« Laurent a forcément un peu plus parlé que d’habitude. Mais c’est trop tôt pour parler d’un apport de Laurent. »
Joris Segonds ajoute :
« Il nous donne deux, trois petits conseils mais rien de fou. C’est surtout avec le staff qu’il échange énormément. »
Gerard Fraser confirme cette phase d’adaptation mutuelle :
« On se découvre petit à petit. Greg passait beaucoup de temps avec les avants. Les rôles vont se clarifier au fur et à mesure. Cette semaine, c’était important que les joueurs sentent de la stabilité. »
La grande nouveauté concerne désormais le processus de sélection, qui se fait de manière collégiale. Pour le déplacement à Clermont, le consensus a prévalu :
« On a eu la chance que tout le staff soit d’accord, sourit Fraser. Ça ne sera peut-être pas toujours comme ça. »
Pour l’avenir, la méthode est claire :
« Ce sera entre moi et Laurent. J’ai l’avantage de connaître un peu mieux nos joueurs. En revanche, je n’ai pas l’expérience de Laurent, avec 20 ou 25 ans de Top 14. Ça se fera en collaboration. On discutera de nos avis, en les argumentant, et on tranchera. »







