Samedi, Montpellier a dominé le Racing 92 avec un festival offensif, s’imposant 41 à 17 lors de la 18e journée du Top 14, décrochant ainsi un bonus offensif précieux. Parmi les artisans de cette large victoire, le troisième ligne Alexandre Bécognée s’est particulièrement illustré en inscrivant deux essais.
Interrogé par Midi Olympique, Bécognée revient sur ce succès collectif : « C’est vrai que marquer des essais, ce n’est pas trop mon truc habituellement… Et si j’ai pu le faire, c’est parce qu’on a travaillé en équipe. Chaque semaine, on insiste là-dessus. Aujourd’hui, on a encore joué collectivement, et c’est sans doute ce qui a fait la différence. On ne s’est pas lâchés, on a travaillé les uns pour les autres, on a rattrapé les erreurs des uns et des autres. Au final, on gagne avec le bonus, donc ça paye. C’est le fruit d’un travail collectif solide, pas d’exploits individuels. Le rugby, c’est avant tout une histoire d’hommes qui avancent ensemble. »
Montpellier affiche une dynamique positive, comme le confirme le joueur : « C’est vrai, on est dans une très bonne dynamique. On a eu deux ou trois bavures à domicile, mais globalement, on avance bien. À domicile, on est solides, et à l’extérieur, on n’est jamais très loin. On a même réussi un bon coup à La Rochelle récemment. C’est le résultat d’un travail régulier, d’une exigence commune. On ne se repose jamais sur nos lauriers. Chaque match est une bataille, et on sait que tout peut basculer vite dans ce championnat. »
À propos des clés de cette réussite, Bécognée met en avant un état d’esprit exemplaire et une solidarité sans faille : « C’est un état d’esprit. Chacun s’investit pour le groupe. On sait que si on lâche un peu, c’est tout le collectif qui en pâtit. On s’entraîne dur, on se parle beaucoup, on se remet en question. Quand tu vois ton coéquipier se donner à fond, tu n’as pas envie de le décevoir. C’est ce qui crée cette cohésion. On a aussi un staff qui insiste sur cette notion de solidarité. Rien ne se fait seul dans ce sport. »
Pour lui, la motivation collective fait la force du groupe : « La dimension physique, c’est pareil. Quand tu n’as pas envie de lâcher pour le gars à côté de toi, tu trouves forcément plus de force. Le rugby, c’est un sport de combat, mais c’est surtout un sport d’équipe. Si les hommes sont alignés et qu’ils ont envie de travailler ensemble, ça donne des collectifs forts. On a des préparateurs physiques qui nous poussent, mais la vraie différence, c’est la motivation collective. Quand tu joues pour les autres, tu vas plus loin. »
Malgré ce succès, Bécognée reste prudent sur la suite de la saison : « Le Top 14 est tellement serré que tout peut changer très vite. Les phases finales, on y pense, c’est un objectif clair. Mais il suffit de perdre une fois à domicile et de ne pas faire de résultat à l’extérieur pour que tout soit remis en question. L’objectif, c’est d’abord le Top 6. Ensuite, on pourra parler d’autre chose. On avance étape par étape, sans se projeter trop loin. »
Le troisième ligne profite aussi pour souligner la valeur de son coéquipier Florian Verhaeghe, un pilier discret mais essentiel : « Déjà, il fait 3,20 m, donc ça aide ! Plus sérieusement, c’est typiquement le genre de joueur qui travaille pour l’équipe. On ne le voit pas forcément, il ne brille pas par de grandes percées, mais il est toujours là : il rattrape les erreurs, il est très bon en touche, il ne rate pas ses plaquages. « Flo », c’est un mec sûr. Tu sais que quand il est à côté de toi, ça va le faire, tu n’es pas inquiet. C’est une vraie sécurité. »
Bécognée est convaincu que Verhaeghe a le profil pour évoluer à l’international : « Le niveau international ? Oui, clairement. « Flo », ça fait un moment qu’il n’en est pas loin. Il n’a jamais été très éloigné du niveau international. Après, ce sont des choix qui ne nous appartiennent pas. Mais pour moi, il a tout ce qu’il faut : la rigueur, la puissance, la lecture du jeu. Il est exemplaire à l’entraînement et en match. C’est le genre de joueur que tout entraîneur rêve d’avoir. »
Enfin, il insiste sur la qualité humaine du groupe Montpelliérain, gage de leur cohésion sur le terrain : « Totalement. On s’entend bien sur et en dehors du terrain. C’est important. Quand tu partages des moments forts avec tes coéquipiers, ça se ressent dans le jeu. On se fait confiance, on se parle beaucoup. Il y a une vraie camaraderie. Ce n’est pas juste des collègues, ce sont des potes. Et quand tu joues avec des potes, tu donnes toujours un peu plus. »
« On est confiants, mais pas arrogants. On sait d’où on vient. On a connu des périodes douloureuses, donc on garde les pieds sur terre. On prend les matchs les uns après les autres, sans se projeter trop loin. L’objectif, c’est de continuer à progresser, à rester constants. On veut que cette dynamique dure. On sait que le Top 14 est impitoyable, alors on reste humbles et concentrés. »







