
XV de France : La mêlée fermée en pleine tourmente
Le poste de pilier droit devient un véritable casse-tête pour le staff du XV de France. L’absence prolongée d’Uini Atonio, contraint de renoncer à cause d’un problème cardiaque, expose une profonde lacune dans l’effectif tricolore. Le manque de solutions de remplacement au niveau international souligne une difficulté structurelle de la sélection à renouveler cette fonction clef.
Mêlée : un dossier qui crisp(e) l’encadrement
À l’issue du dernier match contre l’Italie, Fabien Galthié a laissé transparaître sa frustration face aux interrogations sur la mêlée. Interrogé lors du point presse, le sélectionneur a débuté par un silence puis a retourné la question aux journalistes : “Vous avez les scores, le nombre de pénalités ?”. La réponse ne s’est pas fait attendre : “Deux pénalités gagnées contre quatre.” Face à cette analyse, Galthié a creusé davantage : “Mais il y a eu des coups francs, votre décompte comprend aussi les coups francs ?”
Le capitaine Antoine Dupont, présent à ses côtés, a acquiescé d’un signe dubitatif puis résumé la situation sobrement : “Peut mieux faire.” Le sélectionneur a confirmé ce constat tout en nuançant : “Vous avez vos données, je n’ai pas encore les miennes. Tout peut s’interpréter. L’Italie récupère trois à quatre pénalités par match depuis un petit moment, on avait vu les images spectaculaires des matches précédents, donc on avait construit une équipe robuste pour tenir ce bras de fer. Les joueurs ont répondu présent.”
Le vide laissé par Uini Atonio
Ce débat sur la mêlée n’est plus seulement technique, il devient une urgence pour le staff. Chaque ballon perdu dans ce secteur pourrait coûter cher face à des adversaires comme l’Écosse ou l’Angleterre. Fabien Galthié insiste sur le poids du départ d’Atonio : “C’est un axe de travail, clairement. Cela me permet aussi de saluer Uini Atonio, quelqu’un qui contribuait depuis longtemps à la performance de notre mêlée et on voit bien aujourd’hui que c’était un joueur exceptionnel. Maintenant, il faut arriver à trouver d’autres joueurs mais je félicite Dorian Aldegheri et Georges-Henri Colombe. Je les ai trouvés solides.”
Un vivier de piliers limité et fragilisé
La réalité est inquiétante : les options disponibles ne rassurent pas pleinement. En 2023, le staff avait d’ailleurs pressé Atonio de prolonger sa carrière pour pallier ce déficit. Derrière lui, les joueurs manquent soit d’expérience technique, soient de solidité physique, ou sont freinés par des problématiques extra-sportives. La malchance s’en mêle aussi : Jean-Baptiste Gros, pilier gauche essentiel, a quitté prématurément le terrain contre l’Italie sur une alerte au mollet.
Cet enchaînement d’absences et d’incertitudes obligera le XV de France à puiser dans ses ressources psychologiques pour aller jusqu’au bout de la compétition. La mêlée est devenue un chantier prioritaire, un véritable défi à relever pour tenir tête à la concurrence internationale.







