De Cardiff à Édimbourg, le XV de France ne voyage plus seul : il entraîne derrière lui une véritable vague de supporters. Il y a quinze jours, quelque 10 000 Français avaient fait le déplacement au Pays de Galles. Ce week-end, pour l’affrontement contre l’Écosse, près de 15 000 fans tricolores sont attendus, un record qui transforme les stades étrangers en annexes du Stade de France.
### Un engouement inédit
Les agences de voyages spécialisées peinent à répondre à une demande devenue presque ingérable. Yohann Bellevegue, expert du secteur depuis 25 ans chez Couleur Voyages, souligne que cet enthousiasme atteint des sommets : « Ce week-end, on aurait pu amener 2 000 supporters de plus en Écosse. Ce qui nous freine, c’est à la fois la capacité du stade de Murrayfield et l’appétence que crée cette rencontre : l’Écosse marche fort, la France aussi et pour ce choc, la demande est donc énorme. Je m’attends d’ailleurs à ce que beaucoup de supporters français ayant choisi de voyager par leurs propres moyens soient obligés de regarder le match au pub, samedi après-midi. »
### L’effet « Génération Dupont » et un public renouvelé
Si le Tournoi des 6 Nations a toujours été une fête, l’émergence d’un XV de France victorieux, porté par des stars telles qu’Antoine Dupont, a profondément transformé l’audience. Aujourd’hui, 30 % des spectateurs des tribunes sont des femmes et les groupes de supporters se diversifient. Cédric Coll, de l’agence Sunbow Travel, confirme cette évolution : « Historiquement, la beauté d’Édimbourg, le stade de Murrayfield et le Flower of Scotland sont très prisés des supporters français. Mais la génération Dupont a créé un nouvel engouement autour du XV de France, c’est indéniable. »
### Bien plus qu’un simple match
Pourquoi les fans déboursent-ils entre 1 700 et 2 500 euros pour un week-end ? Parce que le Tournoi offre bien plus qu’un match : une atmosphère unique dans des villes à taille humaine. Yohann Bellevegue explique : « On a connu des années creuses avec des générations qui gagnaient moins que celle-là mais le Tournoi, ça a toujours globalement bien marché. À Dublin, Cardiff ou Édimbourg, on est sur des villes à taille humaine, où l’on fait tout à pied : le tour des pubs, deux ou trois restos, un bon match de rugby. Les gens adorent le concept. »
Les Français sont désormais passionnés par l’événement dans son ensemble. Cédric Coll souligne : « Cet afflux coïncide aussi pour nous à une nouvelle demande : celle de puristes souhaitant s’imprégner du Tournoi des 6 Nations en allant voir à l’étranger d’autres matchs que ceux du XV de France ; Les Ecosse-Irlande, les Angleterre-Ecosse ont de plus en plus de succès auprès de nos clients. »







