Yannick Jauzion, une légende toujours incontournable du rugby français
Treize ans après sa dernière sortie sur les terrains, Yannick Jauzion demeure une figure emblématique du rugby français. Depuis son départ en mai 2013, le joueur, surnommé « le Platane », a choisi de s’éloigner des projecteurs pour se consacrer à la culture du ginseng. Pourtant, dès qu’un jeune centre brille par son élégance et sa puissance, le nom de Jauzion réapparaît immanquablement dans les conversations.
Chaque génération tente de dénicher « le nouveau Jauzion ». Gaël Fickou, Nicolas Depoortere puis Fabien Brau-Boirie ont tour à tour été comparés à l’ancienne star. Ce parallèle, si flatteur soit-il, comporte ses pièges. « Quand tu es jeune et que les spécialistes comparent ton style de jeu à une légende de ton poste comme Yannick, qui plus est au top niveau de sa carrière, forcément que ça te fait plaisir », confie Rémi Lamerat dans L’Équipe. Mais il nuance : « Après, ça peut avoir tendance à te biaiser l’esprit. Même si un jeune joueur doit s’approcher d’un modèle, il doit faire avec son caractère, son style, sa personnalité. À trop vouloir désigner un joueur comme le futur untel ou untel, je trouve qu’on en délaisse un peu ce qui fait sa patte. »
Pourquoi cette adoration pour Jauzion ? Son exceptionnelle combinaison de qualités impressionnantes : 1,93 m pour 107 kg, il possédait la puissance pour briser les plaquages, mais surtout un toucher de balle et une vision de jeu rares. Toujours la tête haute, il cherchait le partenaire démarqué pour faire évoluer le jeu.
Yann Delaigue, ancien coéquipier, se souvient : « Yannick se démarquait parce qu’il avait cette étiquette du trois-quarts physique, capable de passer les bras, de faire jouer après lui. » Pour Lamerat, c’était cette capacité à faire vivre le jeu qui le plaçait au sommet : « C’était ce pour quoi il était la référence mondiale à ce poste : le jeu vivait toujours après lui. »
Aujourd’hui, le vivier français de centres est particulièrement riche. Yannick Jauzion observe cette nouvelle génération avec bienveillance. Selon lui, cette dynamique est avant tout le fruit d’une formation commune et d’une saine émulation. « Il y a beaucoup de jeunes talentueux et prometteurs à ce poste. Pendant quelques années, on a recherché de la complémentarité entre les centres, et on ne la trouvait pas forcément. Là, ce sont des jeunes qui ont déjà l’habitude du haut niveau, de jouer ensemble, par exemple dans les équipes de France jeunes. On voit qu’ils se challengers à distance quand ils jouent les uns contre les autres sur les terrains du Championnat », note-t-il.
Pour l’ancien international, le poste de centre est désormais l’un des plus complets du rugby moderne. « Premier ou second centre, ce sont des postes complets. On a besoin d’être bon en attaque, en défense, de savoir organiser le jeu. Ça suit l’évolution globale du rugby avec la vitesse et l’engagement. Et chacun apporte sa touche personnelle. »
Une touche personnelle que Yannick Jauzion a incarnée avec tant de prestance que, plus d’une décennie après, son héritage continue de fasciner et d’inspirer les amoureux du beau jeu.







