Ce vendredi soir, le stade Armandie sera le théâtre d’un affrontement chargé d’histoire. Bernard Goutta, ancien manager du SU Agen, revient sur ses terres pour défier son ancien club avec l’équipe de Carcassonne.
Si le discours officiel prône l’apaisement, les tensions entre le technicien catalan et Jean-François Fonteneau, président sortant agenais, restent palpables. Ce dernier reconnaît néanmoins « le travail accompli » par son ancien manager dans un contexte « particulier et intense ». « Ce n’était pas simple pour lui car il est arrivé dans un groupe meurtri avec pas mal de situations compliquées à gérer même si l’on avait commencé à redresser la barre. Ensemble, nous avons réussi à éviter la catastrophe industrielle et je lui en suis très reconnaissant », souligne Fonteneau.
Pour Bernard Goutta, le bilan est plus nuancé. Tout en valorisant les succès sportifs — « La première année, on a sauvé le club d’une catastrophe économique. On a assuré le maintien et l’année d’après, on est rentré dans le top 6 » — il ne cache pas son amertume face à la gestion du club. « Le plus manquait d’organisation. Mais ensuite, il y a eu cette non-vente du club qui a été, pour moi, un élément destructeur », confie-t-il à Midi Olympique.
L’ancien manager ne mâche pas ses mots concernant son départ, qu’il attribue à un manque de soutien de Fonteneau : « Cet élément m’a fait prendre la décision d’arrêter. Tout simplement parce que je n’ai pas eu le soutien de Jean-François Fonteneau pendant cette période. J’étais un frein, une gêne. Finalement, j’aurais préféré que cette vente se fasse. » Il critique également la gestion actuelle, notamment le départ récent de Sébastien Calvet : « Je trouve que le départ de Sébastien Calvet a été dur et notamment la manière dont il a été amené. Parce que je sais très bien que ça ne vient pas des joueurs. »
Malgré ces critiques vives, Bernard Goutta assure n’éprouver « aucun sentiment de revanche personnelle » en revenant à Agen. « L’objectif des Agenais est de nous battre en prenant cinq points », affirme-t-il, prêt à en découdre sur la pelouse. Il n’hésite pas à ironiser sur la politique du club concernant les primes : « Quand moi j’étais là, quand on a gagné sept fois à l’extérieur l’année où l’on se qualifie dans le Top 6, on n’avait pas de prime et encore moins de prime doublée. »
De son côté, Jean-François Fonteneau espère que la relation entre les deux hommes s’apaisera avec le temps. « J’ai toujours eu une relation d’homme à homme avec Bernard et nous avons beaucoup parlé avant son départ à Carcassonne. J’espère que cette relation franche continuera », confie-t-il, laissant entrevoir une possible réconciliation.







