Ce samedi à 15h10, tous les regards seront tournés vers Murrayfield, théâtre d’un nouvel acte majeur pour Finn Russell et le XV du Chardon. Longtemps considéré comme un génie imprévisible, capable du meilleur comme du pire, le demi d’ouverture écossais a franchi un cap décisif ces dernières saisons.
À 33 ans, le numéro 10 de Bath s’est transformé en un joueur plus mature, posé et redoutablement tacticien.
### L’imprévisible devenu indispensable
Pendant longtemps, évoquer Finn Russell, c’était penser à ses gestes de classe mondiale : cette passe volleyée mémorable contre l’Angleterre ou ses inspirations ayant retourné un match face au pays de Galles grâce à un coup d’envoi astucieux.
Baptiste Serin, qui connaît bien son profil, a récemment pointé des similitudes avec Mathieu Jalibert :
« Ils ont des similitudes oui, ce côté un peu magicien, même si je pense que Mathieu a un peu plus de canne que Finn maintenant. Mais ce sont des 10 qui aiment prendre le jeu à leur compte, être distributeurs, capables de mettre des mecs dans les espaces, mais aussi se créer l’espace par leur qualité de duel et ils ont un jeu au pied ultra précis. »
### Une maturité acquise en Angleterre
Le caractère « pile ou face » qui le définissait semble s’effacer. Depuis son arrivée à Bath, Russell a appris à mieux gérer les temps forts et faibles du jeu, privilégiant souvent un jeu au pied sûr plutôt que de tenter des relances risquées dans ses 22 mètres. Son statut de joueur le mieux payé du rugby mondial semble l’avoir responsabilisé.
Adapté aux exigences du championnat anglais, il a conduit Bath à un triplé historique la saison passée. Toujours plus rapide à lire le jeu, son style s’est épuré pour devenir incisif et efficace.
### La consécration avec les Lions
Le tournant majeur est intervenu cet été lors de la tournée victorieuse des Lions Britanniques en Australie, où Russell a été sacré meilleur joueur de la série. Cette expérience a renforcé sa confiance personnelle ainsi que celle de ses coéquipiers, dans une équipe écossaise désormais ambitieuse.
Fabien Galthié, conscient du danger, avertit :
« L’Écosse est aujourd’hui une équipe qui joue la victoire dans le Tournoi. Une équipe très agressive, très active. Et au niveau des 10, 12, 13, et je pourrais même rajouter les ailiers et l’arrière, elle est peut-être même la meilleure équipe du Tournoi, en tout cas au Royaume-Uni. On sait que la défaite est possible. »
Samedi, Finn Russell aura l’occasion de guider son équipe vers un succès historique, lui qui dispute son douzième Tournoi avec la ferme volonté de faire tomber le plafond de verre écossais.







