Antoine Dupont n’est plus seulement ce joueur capable d’exploits individuels sur un coup de tête. Depuis son retour de blessure, le capitaine du XV de France a révélé une autre dimension de son talent : une intelligence collective remarquable.
S’il continue de prendre les choses en main dans les moments critiques, il sait désormais s’effacer pour laisser ses coéquipiers s’exprimer.
### Un retour au sommet, les doutes écartés
Après sa rupture des ligaments du genou en 2025, beaucoup doutaient de sa capacité à redevenir le meilleur joueur du monde. Antoine Dupont a rapidement apaisé ces interrogations. « J’avais déjà repris depuis un mois et demi : j’avais retrouvé des sensations et mon état de forme », a-t-il expliqué. « Mais c’est quand même très bien revenu. Ça a été dur physiquement, lors des premiers matchs, mais je n’étais pas le seul visiblement. Ça m’a rassuré. Aujourd’hui, ça a moins couru, plus combattu. Mais ça va, je retrouve les sensations. »
### « La charnière à trois » : le nouveau concept de Galthié
Face à l’Italie, Dupont a brillé par ses gestes spectaculaires, mais c’est surtout sa discipline tactique face à l’Irlande et au Pays de Galles qui a marqué les esprits. En acceptant de partager la création du jeu avec Thomas Ramos et Matthieu Jalibert, il s’inscrit pleinement dans ce que Fabien Galthié appelle « la charnière à trois ».
L’entraîneur de l’attaque, Patrick Arlettaz, souligne cette force : « Quand vous avez le meilleur joueur du monde dans tous les styles, c’est pas mal, non ? »
### Un chef d’orchestre au service du collectif
Plus ouvert et communicatif avec le groupe, Antoine Dupont semble épanoui dans ce rôle élargi. Il ne cherche plus à forcer le destin, préférant s’adapter aux besoins du match.
Dans les colonnes de Sud-Ouest, il expliquait : « Comme on passe plus par les relais du 10 ou 15, je porte un peu moins le ballon : ça s’est moins joué sur les zones de rucks lors des premiers matchs. » Il ajoute : « On sent qu’on a quand même beaucoup de fluidité dans le jeu. On a un jeu très aéré. Et surtout, qui est dangereux. Je me plie à la stratégie de l’équipe, elle fonctionne de toute façon. Je m’adapte et j’arrive à trouver du plaisir dans ces moments-là. On arrive toujours à avoir des moments de désordre, de chaos. Sur les phases plus ordonnées, je suis en position d’éjecteur. Mais dans le jeu, j’arrive à retrouver cette position d’électron libre. Je ne me sens pas bridé. »
### L’homme sans faiblesse ?
Pour Patrick Arlettaz, l’influence du Toulousain est totale, aussi bien dans la gestion du rythme que dans le combat : « Antoine a un rôle majeur parce que quand on parle d’imprévus, de comment on peut changer son fusil d’épaule par rapport au scénario d’un match, il est le meilleur joueur du monde. »
Le technicien confie même chercher en vain une faille chez son capitaine : « Moi, je lui cherche encore une faiblesse. Dès que je trouve, je vous le dis. »
Samedi, en Écosse, Dupont devra une fois de plus démontrer qu’il est l’homme des grands rendez-vous. En attendant, son entraîneur ne tarit pas d’éloges, lançant, sur le ton de la plaisanterie : « Il ne sert à rien, à que dalle ! », avant de souligner son rôle clé dans le dispositif des Bleus.







