La grogne s’installe dans le championnat de Nationale.
Après les dépôts de bilan du Stado Tarbes et du Niort Rugby Club, ainsi que la rétrogradation administrative de Bourg-en-Bresse, le manager du Racing Club Narbonnais, Jacques Delmas, a fait part de son ras-le-bol ce jeudi 5 mars.
### Un championnat « faussé » et un manque d’équité
Pour l’entraîneur narbonnais, la compétition a perdu toute légitimité sportive. Dans une interview accordée à *L’Indépendant*, il déclare :
« Le championnat n’a plus d’intérêt. Nous allons nous battre, parce que des gens s’investissent et croient en nous. Mais il est faussé ».
Il dénonce un véritable déséquilibre et un manque criant d’équité :
« Il ne peut pas y avoir d’équité sportive. Nous ne partageons pas tous les jours l’avis d’Aldigé (président de Nice), mais Jean-Baptiste quand il dit que Nice et Narbonne sont les dindons de la farce, c’est exactement ça. En plus, il y a des équipes qui ne vont pas aller à Niort, l’économie de 15 000 euros. Donc tu es cocu et en plus tu payes la piaule. Tout est là. Si nous n’arrivons pas à légiférer et que tout le monde ait les mêmes règles… La nature a horreur du vide, certes, certains font donc comme ils ont envie. Ce championnat est faussé en haut et en bas. Encore plus en bas, puis que nous connaissons les deux qui descendent, donc les autres peuvent faire du beach rugby ».
### Responsabilités pointées du doigt et dérives médicales
Jacques Delmas voit dans cette situation une répétition d’erreurs anciennes et ne ménage pas les dirigeants :
« L’histoire se répète. D’abord, je pense à cette équipe de Niort qui nous a posé des problèmes chez eux et quand ils sont venus à Narbonne. Ils suscitent le respect par rapport à tout ce qu’ils ont fait. Après, comme toujours, un ancien ministre disait ‘je suis responsable, mais pas coupable’. C’est pareil, les responsables sont ceux qui mettent cette compétition en place et les coupables sont les présidents qui font des chèques en sachant qu’ils ne pourront pas assumer. Tant que nous n’arriverons pas à le régler… Tant que le Top 14, la Pro D2 et la Nationale ne sont pas régis à partir des mêmes règles, nous n’y arriverons pas. Pour tout ».
Le manager dénonce aussi des manquements graves en matière de santé des joueurs et de transparence sur les effectifs :
« Je prends l’exemple de Peter Betham, qui prend un carton bleu à Bourg-en-Bresse, mais dans le staff en Nationale, il nous est demandé d’avoir un docteur. Et c’est l’arbitre qui décrète de la commotion ou pas. Il peut être docteur, mais je n’en suis pas persuadé. Nous avons des gens en qui nous pouvons faire confiance médicalement, qui ne jouent pas avec la santé des joueurs. Comme cela se fait plus haut. Donc le joueur prend trois semaines d’office et c’est comme ça. C’est comme certaines équipes à qui on prête des joueurs et il n’y a pas de règles à ce sujet. Ils peuvent en avoir dix, qui les payent, nous ne le savons pas. Il faut tout clarifier ».
### Un championnat opaque pour les investisseurs
Jacques Delmas s’interroge enfin sur la lisibilité de la compétition pour les financeurs :
« Nous avons un actionnaire aux États-Unis, il se couche le vendredi soir, nous sommes troisièmes à un point des deux premiers, en se réveillant le lendemain, nous sommes sixièmes. Comment je l’explique à Philippe Marco ? Qu’est-ce que je lui dis ? Les gens qui mettent des sous veulent savoir comment fonctionne cette Nationale ».
Face aux réformes annoncées par la FFR, il reste cependant désabusé :
« Maintenant, les pompiers sont sortis de la caserne, mais la maison brûle depuis un moment. J’ai 68 ans, ils ne me feront rien, mais certaines choses doivent être dites ».
Voilà qui est dit.






