Pour le Tournoi des Six Nations 2026, le staff du XV de France a effectué des choix audacieux, écartant plusieurs cadres historiques comme Grégory Alldritt. À la place, Fabien Galthié a confié le poste de numéro 8 à Anthony Jelonch, une décision qui transforme le visage du pack tricolore.
Moins focalisé sur les charges en solitaire, le Toulousain s’impose comme un combattant infatigable et un pilier de la défense française. Son profil marque une évolution notable : « Le numéro 8 dans le troisième rideau, c’est de plus en plus rare, » explique Patrick Arlettaz, entraîneur chargé de l’attaque. « Pas seulement au niveau international, d’ailleurs ; au niveau national, c’est pareil. On est dans des systèmes où l’on est très souvent à 13 joueurs sur la même ligne, et deux en fond de court, qui sont bien souvent le 10 et le 15. Donc le 8 en position de repli, mis à part sur les coups d’envoi, ça n’existe plus trop… »
Thomas Lièvremont, ancien troisième ligne international, confirme cette mutation dans les colonnes du journal Le Figaro : « Anthony n’a pas tout à fait le même rôle que Grégory. Il a le même rôle offensif au ras, c’est lui quand même qui assure les points de fixation. Par contre, il n’est pas du tout dans la couverture de terrain et il est vraiment sur le premier rideau. »
L’importance défensive de Jelonch est cruciale : « Il est tellement précieux défensivement. À chaque fois que tu croises “Antho”, c’est un arrêt buffet ou un gros stop ! Donc il pèse quand même beaucoup sur les attaques adverses de par sa capacité à bloquer l’avancée. Et c’est pour ça qu’il n’est pas du tout utilisé dans le troisième rideau. D’abord parce qu’il a certainement moins de capacités de déplacement qu’il a eues à une époque (il a subi deux graves blessures aux genoux, NDLR), mais surtout parce qu’il est très performant dans le premier rideau et que ce serait dommage de l’en sortir. »
Au-delà de son rôle défensif, Jelonch se distingue par son altruisme et sa capacité à servir le collectif, notamment à travers une connexion privilégiée avec le capitaine Antoine Dupont. « Effectivement, il y a une connexion particulière avec Antoine, » souligne Thomas Lièvremont. « Mais Anthony se met toujours au service des autres. Bon, quand Antoine commence à prendre des initiatives, il s’en sort généralement tout seul et il n’a pas besoin d’Anthony… »
Patrick Arlettaz détaille également son apport offensif : « Le cadre de jeu que l’on met en place en attaque, c’est un placement de joueurs et un état d’esprit pour que chacun puisse s’exprimer avec ses qualités. Anthony n’a pas les mêmes qualités que François Cros, qui n’a pas les mêmes qualités qu’Oscar Jegou. Donc Anthony amène ses caractéristiques : c’est un joueur dur, qui aime porter le ballon en cassant des plaquages, en nous mettant dans l’avancée. Il est capable de faire une passe (13 passes en 3 matchs, NDLR), bien sûr, mais ses caractéristiques fortes, c’est d’être dur au plaquage, dur dans le un-contre-un, avec sa capacité à faire avancer l’équipe. On s’appuie sur ses qualités, et on en est très contents. »
Loin des projecteurs, Anthony Jelonch semble trouver son équilibre dans ces tâches essentielles mais peu glamour. Pour Thomas Lièvremont, le constat est sans appel : « Anthony, c’est le joueur altruiste par excellence. S’il le fallait, il irait même donner un coup de main au gardien du stade… »







